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Une petite ville du Vercors au seuil de l'été. Jimmy Girard est un policier zélé qui planche son examen pour devenir inspecteur. Un homme, accompagné de sa fille adolescente, s'installe dans la région pour deux mois et se fait pincer pour excès de vitesse par le représentant de l'ordre. Une incartade de son ado les fait se rencontrer à nouveau : Vincent Louyot, qui a des airs de Michel Houellebecq période Soumission, est venu chercher dans cette douce montagne une échappée à sa douleur et son désir de vengeance. Cet artiste peintre a en effet perdu sa femme récemment dans un attentat terroriste perpétré dans un Leroy-Merlin de la région parisienne. Jimmy, homme d'action, qui a l'ordre chevillé au corps et n'aime pas trop les Arabes, tente de l'aider, et de concilier devoir et... opinions. Dans un noir et blanc implacable qui reflète parfaitement la chaleur accablante, aveuglante, aussi bien que les nuits chaudes et l'atmosphère interlope de la cité d'une vraie ville proche, 14 juillet - signé Bastin Vivès au dessin d'un réalisme à la lumière et d'un cadrage de cinéma de série noire, et Martin Quenehen, documentariste, homme de radio et romancier, pour le scénario - traduit bien l'atmosphère étouffante et pas seulement à cause de l'été, des années post-attentats en France, le binaire manichéen du noir et blanc, entre ombre et lumière découpées, renvoyant d'une part au radicalisme religieux et à la paranoïa de la transparence absolue, neutre de l'autre, dans un roman graphique captivant et sidérant dont l'épilogue se révèle tout à fait inattendu.