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Benjamin Bachelier et Aurélien d'Alméida redonnent vigueur au grand livre de Robert Louis Stevenson, incunable de la littérature mondiale, à qui ils donnent un petit tour expressionniste dans le dessin, tout en conservant intact les grandes lignes de ce récit d'aventures violent et parfois aux limites du fantastique.Autre classique, mais revisité cette fois : la Ferme des animaux de George Orwell qui se transforme en château dans l'adaptation volontairement référentielle du scénariste Xavier Dorison : sur un castel abandonné par les humains, règne un taureau tyrannique prénommé Silvio (sic ! ) qui fait régner sa dictature en s'aidant d'une meute de chiens féroce. Mais la révolte gronde chez certains animaux...Une série dont le premier épisode vient de sortir et qui en comptera pas moins de quatre, conté graphiquement par le dessin somptueux du tout jeune Félix Delep, qui, c'est clair, pour sa par, a lu tous les albums de Canardo de Benoît Sokal.Dans La fin du monde en trinquant de Jean-Paul Krassinsky, les humains prennent aussi des figures zoomorphes : dans la Russie de la grande Catherine, un astronome cochon aidé par un jeune chien impétueux et lapeur de vodka, forment un duo digne de la grande vadrouille qui partent dans des aventures rocambolesques sur la trace d'une comète qui s'apprête à s'écraser dans la toundra.Après les singes du Crépuscule des idiots, sur l'invention de Dieu, Krassinsky dresse dans un dessin quasi réaliste et une colorisation à l'aquarelle, un portrait à la vodka plus qu'au vitriol d'une Russie entre steppe d'ignorance et bosquet de savoir, dans un style qui évoque les caricatures de Daumier.