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L'une des trois sources ayant mis le feu aux poudres n'est autre que The Lancet. Le 11 mars 2020, la revue annonçait, presque incidemment, que l'ibuprofen augmentait le nombre de récepteurs ACE2 à la surface de la cellule. L'article portait en fait surtout sur le risque de Covid-19 grave chez les patients frappés d'hypertension et de diabète, sous l'influence de médicaments qui accentuent l'expression des récepteurs ACE2. Une crainte une fois de plus apaisée par une méta-analyse, qui n'a apporté aucune preuve que les inhibiteurs d'ECA et les sartans augmentaient le risque de Covid-19 grave. (1)Le 14 mars, les autorités française mentionnaient que des 'évènements indésirables graves' relatifs à l'utilisation d'Ains avaient été rapportés chez des patients Covid-19. (2) L'Ema et la Fda ont jugé que le faisceau de preuves était trop mince pour établir un lien consistant entre la forme grave et utilisation d'Ains. Avis également partagé par l'Afmps. (3)Des chercheurs britanniques ont réalisé une étude de suivi sur plus de 700.000 utilisateurs d'Ains et près de 3,5 millions de personnes ne consommant pas ces produits. (4) Le suivi a eu lieu entre le 1er mars et le 14 juin 2020. Plus précisément, ils ont étudié deux populations. Dans la première, ils ont comparé les consommateurs actifs d'Ains (n= 536.423) à des personnes qui, au moment de l'étude, ne prenaient pas d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (n=1.927.284). Toutefois, l'ensemble de ces personne avaient déjà reçu, au cours des trois années précédentes, au moins une prescription d'Ains. Les chercheurs ont procédé de la sorte pour que le groupe des consommateurs et le groupe de contrôle soient aussi comparables que possible. Ils sont donc partis du principe que les gens ayant déjà pris des AINS étaient vraisemblablement plus comparables, en termes de santé et de problèmes médicaux, aux utilisateurs actifs qu'un groupe de gens pris au hasard, dans lequel une partie n'ont probablement jamais consommé d'Ains. Pour les mêmes raisons, ils ont aussi étudié une deuxième population composée de personnes souffrant toutes d'arthrite rhumatoïde ou d'arthrose. 10% de celles-ci prenaient des Ains au moment de l'étude (n=175.495). Après correction pour une série impressionnante de variables prêtant potentiellement à confusion, aucune différence n'a pu être établie en termes de mortalité entre les utilisateurs actifs et les non consommateurs. Les découvertes de l'équipe britannique viennent appuyer les résultats d'une étude danoise. Dans une population de plus de 9.000 personnes au test PCR positif au Sras-CoV-2, l'étude n'a pas non plus permis de déceler de différences entre les consommateurs d'Ains et les autres, ni en termes d'hospitalisation, d'enregistrement aux soins intensifs, d'assistance respiratoire, d'insuffisance rénale ou de décès. (5)