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"L a première semaine de vaccination s'est très bien déroulée dans les quatre régions et communautés du pays", estime Sabine Stordeur, directrice du programme scientifique au KCE. "Le déroulement est conforme à ce qui a été réalisé lors des différents tests. Les soucis logistiques ont pu être résolus de façon progressive. Le rythme de la vaccination va pouvoir s'accélérer dès le 11 janvier. Chaque région a pu vacciner les résidents des maisons de repos et un nombre croissant de membres du personnel."Les effets secondaires du vaccin sont enregistrés de façon systématique dans la plateforme Vaccinnet. " Il faudra attendre la fin du mois de janvier pour l'extraction de ces données et pouvoir réaliser les premières extrapolations statistiques", précise Sabine Stordeur. "Néanmoins, à l'heure actuelle, les retours sur les effets secondaires sont très positifs: seuls des effets mineurs sont présentés, par exemple, une augmentation de la température et des douleurs au point d'injection. Aucun effet secondaire majeur n'a été déploré."La base de données de Vaccinnet est couplée à celle de l'AFMPS, qui transmet les informations sur les effets secondaires au niveau européen. À partir du 15 janvier, l'AFMPS va publier un rapport hebdomadaire sur les effets indésirables des vaccins. Les experts ont également annoncé que les hub hospitaliers qui seront utilisés pour la distribution du vaccin de Moderna ne seront pas les mêmes que ceux qui distribuent actuellement le vaccin de Pfizer-BioNTech pour éviter des problèmes liés aux caractéristiques spécifiques de chacun des vaccins. Pour rappel, à partir de fin janvier, les professionnels de soins de santé des hôpitaux (134.000 personnes) pourront être vaccinés. Ensuite, à partir de février, ce sera au tour de la première ligne, dont les médecins généralistes (156.000 personnes) (voir graphique ci-dessous). Le vaccin de Moderna ne pouvant être transporté après avoir été décongelé dans un hub, les MG devront se rendre dans les hôpitaux de proximité ou les centres de vaccination pour être vaccinés. Plusieurs associations ont demandé dans des lettres ouvertes (lire en page 30) de vacciner de façon prioritaire leurs membres (anesthésistes, patients dialysés ou transplantés). Qu'en pensent les experts de la Task force? "La question de la priorité est de savoir qui est prioritaire par rapport à qui", commente Sabine Stordeur. "Dans les professionnels de la santé, de nombreux groupes peuvent se targuer d'être prioritaires par rapport aux autres parce qu'ils sont directement en contact avec les patients Covid. Parmi les personnes qui présentent des comorbidités, certaines sont plus à risque que d'autres. Grâce à l'arrivée plus rapide des vaccins sur le territoire belge et l'augmentation des doses qui pourraient être disponibles, tous les groupes pourront être avancés par rapport au schéma initial de vaccination. Par exemple, si dans les deux et trois premières semaines du mois de janvier nous nous concentrerons toujours sur les résidents et travailleurs des MRS, nous pourrions à la fin du mois commencer à vacciner le personnel des hôpitaux. Il revient aux hôpitaux à définir les catégories prioritaires à vacciner et de séquencer les groupes professionnels en fonction du niveau de risque ou de leur vulnérabilité." "Ce n'est pas le rôle de la Task force fédérale de déterminer les priorités de vaccination au sein des hôpitaux et de la première ligne. Cette responsabilité revient aux Régions et aux secteurs des hôpitaux et de la première ligne. Pour les personnes avec comorbidités, nous attendons toujours l'avis du Conseil supérieur de la santé qui va déterminer les groupes de personnes les plus à risque en fonction de leur comorbidité et de leur âge. Ces informations permettront de prioriser la vaccination en fonction de la vulnérabilité. Ce groupe à risque pourrait bénéficier de la vaccination dès le mois de mars. Il s'agit donc déjà de personnes prioritaires."