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Bonne idée que de faire une expo sur le graphisme punk, sur base de la collection d'Andrew Krivine. Sur la set-list, des incunables comme les oeuvres iconiques de Jamie Reid, comme la pochette du Anarchy in the UK des Sex Pistols.L'expo analyse comment les graphistes punk s'adonnaient à la récupération comme dans le cas du GO2 de XTC par Hipgnosis, studio graphique londonien qui par ailleurs signa des pochettes de Pink Floyd, Led Zeppelin ou Rainbow... pas très punk en effet.Passant en revue le collage, le côté do-it-yourself (des affiches pour Ian Dury par exemple), l'exposition aborde le côté flashy et les couleurs primaires de la new wave (Siouxie and the Banshees, Cure, XTC encore ou les Pyschedelic Furs, Talking Heads... voire Split Enz : tout de même !). L'influence pop se marque d'ailleurs via Elvis Costello ou Nick Lowe, notamment dans la magazine Interview de Andy Wharol, et l'on apprend le passage de Jean-Michel Basquiat dans le groupe noisy Gray.Bien sûr, la typographie est analysée, au travers notamment de celle des Sex Pistols encore ou de OMD (un groupe que l'on peut difficilement qualifié de punk ou new wave ! ). Mieux encore, dans la partie consacrée aux monstres, l'on peut admirer un Hitler déformé par les Butthole Surfers ou une description dessinée de son couple formé avec Eva Braun pour une affiche de The Third Reich 'n' Roll des Residents. La svastika provocatrice est par ailleurs absente des images proposées, qui, dans la même section, montre une affiche du groupe psychédélique Hawkwind... qui n'a franchement rien avoir avec le punk. Pire : dans la partie consacrée aux fanzines et affiches, trône un poster des Runaways ou une affiche d'un concert de Girlschool. Un peu trop hard pour intégrer la sphère no future !Et que dire de la partie consacrée à la tendance " images nostalgiques revisitées " que l'on trouve dans la new wave des années 80 chez Joe Jackson ( Look Sharp, I'm The Man...) ou les B42's, et qui intègre la couverture d'un album de Bram Tchaikovsky, guitariste et chanteur des Motors (de la power pop dont le seul succès s'intitulait Airport) !Bien sûr, l'on trouve tout de même Iggy Pop ou les Ramones (en personnage bédés dans la partie consacrée à cette tendance " animée " de certains, dont Black Flag) dans cette exposition décevante qui ne propose qu'affiches, pochettes et fanzines, à quelques mannequins à t-shirt près, n'ouvrant pas son propos à l'influence du mouvement sur la publicité ou la mode (à peine), expliquant peu ou prou que la simplicité graphique allait de pair avec celle musicale. À part la vidéo de l'artiste Robert Longo, conçue pour la chanson Bizarre Love Triangle de New Order, aucune image ou son ne viennent enrichir le propos.Enfin, si l'on note la présence du groupe Bow Wow Wow, autre créature - outre les Sex Pistols - de Malcolm McLaren, aucune trace d'Adam and the Ants dans cette expo de... l'ADAM. Dame !