...

Mais, les choses bougent tant pour les femmes, de plus en plus prises en compte dans les grands essais cliniques, que pour les enfants qui évoluent vers une prise en charge plus adaptée et plus personnalisée comme ont pu le constater les experts réunis virtuellement dans le cadre de l'édition 2020 du congrès HIV-Glasgow.Les stratégies de prévention visant à limiter les risques de transmission du VIH de la mère à l'enfant ont été très efficaces puisqu'on constate une importante diminution du nombre d'enfants infectés lequel est passé de 400.000 en l'an 2000 à 160.000 en 2018. Mais, ne crions pas trop tôt victoire car, comme le constatent les experts, nous avons, malgré tout, raté l'objectif de l'OMS de 40.000 infections infantiles pour 2018 et la moitié de ce chiffre pour 2020 sans oublier que nous ne connaissons toujours pas, à l'heure actuelle, l'impact négatif de la pandémie de COVID-19 sur la prise en charge des enfants infectés par le VIH.Pour les nourrissons infectés par le VIH, la mortalité demeure élevée, le diagnostic est souvent retardé et peu parviennent à une suppression de la charge virale au cours de la première année de vie. Or, nombre d'études ont clairement démontré qu'un test diagnostic pour le VIH réalisé au cours des premières semaines de vie peut avoir un impact hautement positif en accélérant tant le diagnostic et la mise sous traitement que l'obtention d'une charge virale indétectable. L'accès aux combinaisons d'antirétroviraux modernes reste un autre gros problème principalement par manque de dosages et de formulations appropriés. On attend donc avec une certaine impatience la mise à disposition d'un comprimé dispersible de dolutégravir pour une utilisation jusqu'à 4 semaines (3kg). Enfin, pourrait-on dire, car cette molécule est disponible depuis déjà sept ans pour les patients adultes. La disponibilité de cet inhibiteur de l'intégrase pour les nourrissons fournira une option adaptée, moderne et solide pour permettre une suppression virale complète. En effet, l'obtention d'une charge virale indétectable demeure difficile sous inhibiteur de protéase/NNRTI chez l'enfant. Actuellement, les enfants de moins de 6 ans et de moins de 25 kg n'ont pas accès aux combinaisons à doses fixes alors que des modélisations pharmacocinétiques suggèrent que la combinaison associant bictégravir/emtricitabine/TAF pourrait être considérée jusqu'à l'âge de deux ans. Pour terminer ce tour d'horizon succinct sur une note plus optimiste, rappelons que les modalités utilisées durant l'actuelle pandémie de COVID-19 pour tenter de développer de nouveaux traitements antirétroviraux ont été appliquées à tous les âges simultanément ce qui redonne espoir de voir s'étoffer l'arsenal thérapeutique dédié aux enfants si ces stratégies sont aussi mises en oeuvre dans le cadre plus spécifique de la lutte contre le VIH. Comme on le voit, les choses évoluent positivement et on peut escompter que bientôt les enfants pourront disposer d'une approche plus personnalisée et surtout adaptée, seule voie pour enfin atteindre, voire dépasser, les objectifs fixés par l'OMS.Réf: d'après la lecture du Dr H. Lyell (Imperial College, Londonien) lors du congrès HIV-Glasgow.