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La Chine a, durant plusieurs décennies, ignoré, stigmatisé voire poursuivi et emprisonné les personnes vivant avec le VIH. Mais, sous l'influence de l'OMS, de l'ONUSIDA et surtout de l'évolution des mentalités et de l'ouverture de la société chinoise, l'infection par le VIH est passée du statut de maladie honteuse à celui de pathologie "banale". Pour preuve cette récente étude, publiée dans la revue HIV Medicine, destinée à évaluer les caractéristiques ainsi que les taux de suppression virale au sein de la principale cohorte de suivi du traitement antirétroviral administré gratuitement au niveau national, National Free Antiretroviral Therapy Programme (NFATP).Fin 2019, cette étude comprenait 853.429 patients vivant avec le VIH traités par antirétroviraux. La vaste majorité des patients étaient des hommes (73,5%) âgés de 44 ans moyenne et dont près de la moitié avait entre 25 et 40 ans. Contrairement aux populations européennes, américaines et asiatiques, 2/3 des patients ont été contaminés dans le cadre de relations hétérosexuelles (65%). Le taux moyen de cellules CD4 sous traitement était de 257. Parmi les 704.375 patients sous antirétroviraux depuis plus de 12 mois, 83% présentaient une charge virale indétectable, 6,5% avaient une charge virale comprise entre 50 et 1000 copies/ml. Enfin, pour 4,3% de cette population, la charge virale était supérieure à 1000 copies/ml. Le meilleur taux de suppression virale est retrouvé au sein du groupe des patients HSH avec 88,4% de suppressions totale de la charge virale. Reste que des challenges majeurs demeurent pour certains groupes particuliers, à savoir, les consommateurs de drogues injectables, les personnes co-infectées par le virus de l'hépatite C et les patients présentant des antécédents d'échecs virologiques. En somme, les mêmes "durs à cuire" de la lutte contre le VIH que dans nos contrées et pour lesquels les autorités chinoises ont lancé de nouveaux programmes de dépistage rapide et de mise sous traitement immédiate accompagnés d'un protocole de rétention des soins drastique, Chine oblige !!!!Réf: Zhao Y. et al. HIV Medicine 2020;21(11):701-707.