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VIH: un paysage de plus en plus gris argenté Longtemps cantonnées dans une niche, peu représentées dans les études cliniques, les personnes vivant avec le VIH et âgées de 50 ans et plus, ceux qu'on a longtemps appelé "les survivants", constituent, à l'heure actuelle, la population de patients vivant avec le VIH dont la croissance est la plus rapide. Dans ce paysage changeant, il est important pour le praticien, d'adapter sa démarche thérapeutique en tenant compte de certaines contraintes liées à l'âge telles que la polymédication et la présence de multiples comorbidités. Dans ce contexte, se tourner vers une thérapie duale associant dolutégravir et lamivudine qui allège et simplifie le traitement par rapport aux trithérapies classiques peut-il constituer une solution ? Oui, mais à la condition sine qua non de maintenir la suppression virologique ainsi qu'une bonne tolérance. SALSA et TANGO: une analyse combinée en fonction de l'âge SALSA ET TANGO sont deux études de phase III qui ont démontré que, lors du switch d'une trithérapie classique vers une thérapie duale associant dolutégravir et lamivudine chez des patients expérimentés en succès virologique, la suppression virologique demeurait élevée et identique, la tolérance était bonne et on n'assistait pas à l'émergence de nouvelles résistances. Ces résultats concernent la population générale des deux études mais sont-ils reproductibles pour les patients de 50 ans et plus ? Pour répondre à cette question très actuelle, le Dr Sharon Walmsley (Toronto, Canada) a présenté une analyse combinée des études SALSA et TANGO où efficacité virologique et tolérance ont été analysées en fonction de l'âge, moins de 50 ans ou 50 ans et plus.DTG/3TC: une efficacité virologique solide a tous les âgesSur les 1.234 participants inclus dans les deux études, 29% étaient âgés de 50 ans et plus et 3% avaient même plus de 65 ans. A l'inclusion, les participants âgés de 50 ans et plus étaient d'avantage polymédiqués (2 traitements en moyenne vs 1 traitement) et présentaient d'avantage de comorbidités. Pour le reste, on ne note pas de différences majeures que les patients aient plus ou moins de 50 ans.Les résultats montrent que la proportion de participants présentant une charge virale supérieure ou égale à 50 copies/ml dans le groupe DTG/3TC vs un maintien de la trithérapie classique est similaire que le patient ait plus de 50 ans (0,6% vs 1,6%) ou moins de 50 ans (0,2% vs 0,5%).La proportion de participants maintenant une charge virale indétectable est très élevée et identique quel que soit l'âge ou le traitement. Aucun participant du groupe DTG/3TC n'a présenté d'échec virologique ce qui a été le cas, par contre, pour 1 participant du groupe trithérapie âgé de moins de 50 ans. Enfin, aucune résistance n'a été constatée.Le taux de cellules CD4 a augmenté par rapport au début de l'étude chez les participants du groupe DTG/3TC dans les deux groupes d'âges.Sur le plan de la tolérance, les proportions d'effets secondaires, d'effets indésirables menant à une interruption du traitement et d'effets secondaires graves observés dans le groupe DTG/3TC est comparable entre les groupes d'âge.DTG/3TC: une option de switch robuste après 50 ansEn conclusion, on constate que le switch vers une thérapie duale DTG/3TC a permis de maintenir la suppression virologique chez les participants âgés de 50 ans ou plus malgré la présence de d'avantage de polymédication et de comorbidités ce qui démontre l'efficacité robuste, une barrière à la résistance élevée et un bon profil de tolérance et de sécurité d'emploi de la thérapie duale associant dolutégravir et lamivudine. Réf: Dalmsley S. et al. Abstract PESUB21, IAS 2022, Montréal