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Le congrès virtuel HIVR4P a été l'occasion de présenter de plus amples résultats de l'étude HPTN 084 qui confirment les résultats annoncés lors de l'interruption de l'étude en novembre dernier par le comité de surveillance.Pour résumer brièvement, 3224 femmes issues de 7 pays d'Afrique Subsaharienne, cisgenres, séronégatives et à très haut risque de contracter une infection par le VIH ont été randomisées en deux groupes équipotents pour recevoir une PrEP injectable (cabotégravir toutes les 8 semaines) ou un schéma classique de PrEP orale associant ténofovir et emtricitabine. Cette phase active avait été précédée par une période de 5 semaines de charge durant laquelle les participantes ont reçu un traitement oral sous forme, soit de cabotégravir, soit de ténofovir/emtricitabine, ceci afin d'évaluer leur niveau de tolérance au cabotégravir avant de passer à la phase injectable.Efficacité sur la prévention du risque infectieux Au total, les investigateurs ont observé la survenue de 4 infections par le VIH pour le groupe sous cabotégravir injectable et 36 pour le groupe soumis à une PrEP orale. Ceci signifie donc que la PrEP injectable a réduit de près de 90% le taux des infections chez ces patientes à très haut risque. En l'absence de PrEP dans les communautés étudiées, l'incidence du VIH est de 3,5%. Dans le bras PrEP orale, il est retombé à 1,9% et à 0,2% dans le bras injectable. Les investigateurs expliquent ces résultats par une plus faible adhérence au traitement oral. A la semaine 4, seulement 60% des femmes du bras PrEP orale présentaient des taux en ténofovir cohérents avec la posologie quotidienne. Ce chiffre tombe 34% à la semaine 57. En revanche, les femmes ont respecté 93% de leurs visites pour recevoir l'injection de cabotégravir, un chiffre demeuré stable et identique tout au long de l'étude.Effets secondaires et prise de poidsComme on pouvait s'y attendre, on constate un taux plus élevé de réactions au niveau du site d'injection chez les participantes traitées par substance active (32%) par rapport à celles sous placebo (9%). D'intensité faible à modérée, ces réactions n'ont entrainé aucune interruption du traitement. On constate d'avantage de nausées dans le groupe cabotégravir (9%) vs le groupe placebo (5%). Enfin, concernant la prise de poids, elle est plus marquée en tout début d'étude, avec un gain de 0,4 kg au premier mois pour le groupe cabotégravir, mais, en fin d'observation, le gain est identique dans les deux groupes de traitement avec une prise de poids moyenne de + 2,3kg.Le taux des grossessesdurant cette période est identique dans les deux groupes et aucune anomalie congénitale n'a été observée au sein des deux groupes.Enfin, sur le plan des IST, on n'observe aucune disparité en ce qui concerne la survenue d'infections par le chlamydia et le gonocoque.En résumé, des résultats qui confirment tant l'efficacité que la sécurité d'emploi de ce nouvel outil de prévention, plus simple et plus discret surtout pour les femmes qui, dans ces régions du monde, sont souvent victimes de discriminations à cause du VIH. Rien ne semble donc s'opposer à une très prochaine homologation par les instances de contrôle sanitaire de ce nouvel outil de prévention.Réf: Delany-Moretlwe S. et al. Abstract HY01.02LB, congrès HIVR4P, 2021.