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L'Australie a connu deux lockdowns complets. Le premier s'est étendu de mars à début mai, comme dans l'ensemble des pays touchés de plein fouet par la première vague de la pandémie de COVID-19, et un second lockdown complet lequel a débuté fin juin suite au déferlement d'une seconde vague durant l'hiver austral.Afin d'évaluer l'impact du lockdown sur le suivi de la PrEP ainsi que sur les pratiques sexuelles, une enquête on line a été envoyée auprès de 503 HSH séronégatifs sous PrEP suivis au sein du Melbourne Sexual Health Center, le centre de référence VIH le plus important de la province de Victoria. Le but était de comparer le comportement thérapeutique et sexuel des patients sous PrEP entre la période post-lockdown (mai-juin) et le second lockdown (juillet-août).Sur les 192 patients qui ont répondu au questionnaire de l'enquête en ligne, 153 (80%) n'ont pas modifié leur façon de prendre la PrEP lors du second confinement.Sur les 136 patients prenant la PrEP quotidiennement, 82% ont continué ainsi, 2% ont changé en faveur d'une PrEP à la demande et 16% ont arrêté la prise du traitement préventif lors du second confinement.Sur le plan des relations sexuelles au cours du second confinement, on constate une nette diminution de ces dernières, voire pour beaucoup une absence totale de relations. Concrètement, le nombre des partenaires occasionnels a diminué pour 43% des répondants et augmenté chez seulement 3%. On s'embrasse plus du tout durant les échanges sexuels pour 36% contre 3% qui reconnaissent s'embrasser d'avantage durant cette période. Le chemsex ainsi que le sexe en groupe n'ont plus la cote comme en témoigne la chute de 80% de ces pratiques usuelles durant le second lockdown. Enfin, 10% des répondants reconnaissent avoir maintenu le port du masque durant leurs relations sexuelles. Réf: Chow E. et al. Journal of AIDS, mise en ligne avant publication dans l'édition de février 2021.