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"Via de multiples études antérieures, on sait que passer à un traitement ne comportant plus que deux antirétroviraux chez des patients expérimenté, virologiquement stables sous trithérapie, est tout à fait faisable. Dès lors, l'intérêt majeur de l'étude TANGO se recentre sur l'évaluation de la place du TAF dans le traitement. Avec une population de patients vivant avec le VIH qui vieillit ce qui implique une accumulation de comorbidités et à une époque où on dispose de trithérapies incluant, soit le 3TC, peu toxique, ou le TAF, moins toxique que le TDF, y a-t-il un avantage en terme de tolérance et de toxicité sur le long terme à passer d'une trithérapie classique avec TAF vers une thérapie duale excluant le TAF ? En d'autres termes, le TAF est-il vraiment indispensable ? Sur base des résultats de TANGO, on constate qu'en simplifiant le traitement de patients expérimentés virologiquement stables en passant d'une trithérapie avec TAF vers une thérapie duale avec 3TC, on ne change rien. On garde l'efficacité sur la charge virologique. On maintien une bonne tolérance et surtout, en cas d'échec, il n'y a pas d'émergence de résistances. De plus, il y a une sous-analyse menée chez un petit nombre de patients de TANGO porteurs de la mutation M184V archivée qui montre que tous ont bien répondu au passage vers une thérapie duale contenant du 3TC. Sur ces bases, on peut dire qu'effectivement, on pourrait se passer du TAF. Mais, selon moi, la véritable question concernant le maintien du TAF concerne sa toxicité relative et la prise de poids chez des patients trithérapie associant TAF et inhibiteur de l'integrase (dolutégravir ou bictégravir). Il y des données (ADVANCE et NAMSAL) montrant que le dolutégravir favorise la prise de poids mais, une analyse des résultats à 96 semaines de ces deux études, présentée par Hill dans le cadre du congrès 2019 de l'IAS, montre que la prise de poids est plus importante lorsque le TAF est présent au sein de l'association d'antirétroviraux et surtout chez les femmes. Même si la question doit encore être largement investiguée notamment en terme d'impact de l'alimentation, de l'effort physique ou d'un surpoids antérieur sur cette prise de poids, il semble que toute la question de la place effective du TAF dans les schémas thérapeutiques va tourner autour de la question de la prise de poids, laquelle constitue un facteur de risque important pour les populations vieillissantes en terme de diabète, de troubles lipidiques, de survenue d'évènements cardiovasculaires ainsi que pour la santé osseuse et articulaire". Il faut noter que dans études comparant dolutégravir et bictégravir la prise de poids était similaire dans les deux groupes(1489 et 1490 96 W IAS 2019). Dr Jean-Luc Schouveller