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En 2013, une fillette, surnommée "l'enfant du Mississippi", était parvenue à maintenir une charge virale indétectable durant une période supérieure à 1 an après interruption d'un traitement antirétroviral initié endéans les 30 heures après sa naissance. Cela avait fait naître l'espoir que les enfants pourraient être parmi les premiers à bénéficier d'une "guérison fonctionnelle", caractérisée par une charge virale, un ADN proviral et des anti-corps anti-VIH indétectables, signes d'une élimination suffisante du VIH pour empêcher son retour. Toutefois, après 27 mois d'interruption du traitement, le VIH était redevenu détectable. Depuis lors, les scientifiques ont identifié un plus grand nombre d'adultes considérés comme contrôleurs post-traitement et ont surtout approfondi leurs connaissances sur leurs mécanismes de contrôle du VIH. Lors de la CROI 2022, le Dr Deborah Persaud (Université Johns Hopkins) a présenté les premières données d'une étude portant sur deux cohortes d'enfants. La première comprenait 34 enfants qui présentaient un risque élevé de VIH à la naissance en raison du VIH non traité de leur mère et qui ont initié un traitement antirétroviral dans les 48 heures suivant leur naissance, avant toute confirmation de leur infection. La seconde cohorte comprenait, pour sa part, 20 enfants qui avaient été dépistés comme porteurs du VIH avant de débuter un traitement antirétroviral dans les 48 heures suivant leur naissance. Leur traitement antirétroviral comprenait de la névirapine, du lopinavir/ritonavir et deux INTI. Les enfants pouvaient continuer l'étude si leur charge virale était inférieure à 200 copies/ml à 24 semaines et inférieure à 20 copies/ml à 48 semaines. A la semaine 24, 75% de la première cohorte et 88% de la seconde cohorte avaient effectivement une charge virale inférieure à 200 copies/ml tandis que 48% et 40%, respectivement avaient déjà une charge virale inférieure à 20. À l'âge de deux ans, 10 des 12 enfants de la première cohorte et les 7 enfants de la seconde cohorte ayant toujours maintenu une charge virale indétectable inférieure à 20 copies /ml avaient perdu leurs anticorps contre le VIH. Sept enfants de la première cohorte et cinq de la seconde n'avaient pas d'ADN proviral détectable. Ces caractéristiques suggèrent qu'en cas d'arrêt de traitement, ce groupe (près de 30 % des 54 enfants initiaux) pourrait également s'avérer être des contrôleurs post-traitement. L'équipe du Dr Persaud étudie, à present, les modalités optimales pour interrompre totalement le traitement antirétroviral et, ce, en toute sécurité.Réf: Persaud D. et al. Abstract 31, CROI 2022.