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Comprendre les liens entre ostéoporose et VIHGrâce aux traitements antirétroviraux actuels, la plupart des personnes vivant avec le VIH bénéficient d'une espérance de vie identique (ou quasi) à celle de la population générale. Dès lors, une part de plus en plus importante des soins apportés à ces patients cible la prévention et le traitement des affections et troubles associés à l'âge dont l'ostéoporose et les fractures de fragilité qu'elle occasionne. Pour mieux comprendre les tenants et aboutissants de la santé osseuse des personnes vivant avec le VIH, le Dr Jakob Starup-Linde de l'hôpital universitaire de Aarhus a mené une vaste méta-analyse de la littérature ayant trait à ce topique. Sur près de 150 publications inclues dans cette revue systématique de la littérature scientifique (jusque et y compris 2018), les auteurs ont retenu 87 articles éligibles afin de les analyser en profondeur.La baisse de la DMO, coupable mais pas seulementDes innombrables données distillées par cette analyse, deux sont particulièrement interpellantes. Premièrement, l'augmentation de 22% de la prévalence des fractures vertébrales, comme observée lors de cette méta-analyse, ne s'explique pas par la seule diminution constatée de la DMO, cette dernière n'expliquant qu'une augmentation de, tout au plus, 15% de la prévalence. Il y a donc d'autres facteurs de risque qui, pour les auteurs, sont le virus du VIH lui-même ainsi que certains types de traitements antirétroviraux lesquels constitueraient, dès lors, des facteurs de risque d'ostéoporose souvent ignorés ou sous-estimés. Deuxièmement, la baisse en terme de DMO n'est pas significativement plus élevée qu'au sein de la population non infectée par le VIH et de même âge mais, par contre, une plus grande proportion de personnes vivant avec le VIH présentent des baisses très importantes et rapides de la DMO. Ces données laissant supposer une intervention directe du virus sur la santé de l'os sont en ligne avec de récentes découvertes faites par l'équipe du Dr Isabelle Maridonneau- Parini (INSERM, Toulouse) montrant que le virus VIH infecte aussi les ostéoclastes. Ce faisant, le VIH décuple l'efficacité de ces cellules qui deviennent hyper efficaces pour dégrader structurellement le tissus osseux. Orientations pour une meilleure gestion de fragilité osseuse Dans leurs conclusions, les investigateurs estiment que les résultats observés par cette étude ont des implications pour les soins de routine du patient vivant avec le VIH. Ils ont, de ce fait, émis une série de suggestions pour améliorer plus encore la prise en charge de la santé osseuse des patients vivant avec le VIH.Réf: Starup-Linde J et al. Journal of AIDS 2020; 83: 1-8.