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Malgré cette résilience bienvenue, l'observance stricte du traitement demeure, encore et toujours, LA clef pour obtenir et maintenir, sur le long cours (toute une vie), une suppression virologique optimale comme le montrent les résultats d'une nouvelle analyse des données des études GEMINI 1&2 présentés dans le cadre du congrès de l'EACS 2021.L'observance du traitement demeure un élément clef pour traiter avec succès le VIH. Contrairement aux médications chroniques utilisées dans le cadre du traitement de nombreuses affections chroniques telles que le diabète ou les pathologies cardiovasculaires qui peuvent rester efficaces malgré un taux d'observance aussi faible que 70%, la thérapie antirétrovirale a, de tout temps, exigé un suivi thérapeutique très strict, quasi parfait, pour maintenir la suppression virale, prévenir la progression de la maladie et, surtout, éviter le développement de résistances aux médicaments antirétroviraux. Avec l'arrivée de nouvelles classes thérapeutiques plus efficaces et, selon certaines études, plus résiliente en cas d'oublis passagers, pourrait-on envisager un certain relâchement de la vigilance sur l'observance thérapeutique sans pour autant impacter l'efficacité virologique au long cours ?Pas vraiment si on se fonde sur les intéressants résultats d'une nouvelle analyse des données à 144 semaines de suivi issues des études GEMINI 1&2.Thérapie duale et trithérapie classique: une même résilience en cas d'oubliLors des études GEMINI 1&2, la thérapie duale associant dolutégravir et lamivudine (3TC) s'est montrée non inférieure à une trithérapie classique associant dolutégravir et TDF/FTC pour parvenir à une charge virale indétectable (< 50 copies/ml) chez des patients naïfs de tout traitement antirétroviral après un suivi de 48,96 et 144 semaines.La présente analyse post hoc avait pour but d'évaluer l'impact de l'observance thérapeutique sur l'efficacité virologique après 144 semaines d'une thérapie duale dolutégravir/3TC (n= 716) vs. une trithérapie dolutégravir/TDF/FTC (n= 717). Au sein de chaque groupe de traitement, on comptabilise 5% de participants ayant un taux d'observance < 90% des doses totales prescrites à 144 semaines de suivi.Premier constat de cette analyse: un taux identique de participants maintient une charge virale indétectable (< 50 copies/ml) lorsqu'on compare thérapie duale et trithérapie classique à 144 semaines de suivi et ce, INDEPENDAMMENT du niveau d'observance (< 90% ou >90%). D'une part, ces résultats viennent confirmer la durabilité du maintien d'une charge virale indétectable pour la thérapie duale dolutégravir/3TC tout au long des 144 semaines de suivi et, d'autre part, suggère un niveau identique de résilience, de "pardon", en cas d'oubli tant pour la thérapie duale que pour la trithérapie classique.L'observance thérapeutique, moteur de l'efficacité virologique Second constat: le taux de participants maintenant une charge virale indétectable durant 144 semaines de suivi est plus élevé et identique dans les deux groupes de traitement lorsque le niveau d'observance est élevé (> 90%).La conclusion des investigateurs est que les praticiens doivent continuer inlassablement à tout mettre en oeuvre pour favoriser une observance thérapeutique optimale de la part de leurs patients afin de garantir la meilleure efficacité virologique possible plutôt que de se reposer sur le "pardon", la résilience, offerte par une thérapie duale ou une trithérapie classique basée sur le dolutégravir, aussi élevée soit-elle. Cette attitude est capitale pour réduire au maximum le risque d'échec virologique patent avec, à la clé, l'émergence possible de résistances ainsi que le risque de transmission du VIH suite à des périodes de virémie intermittentes.Réf: Fernvik E. et al. Poster Electronique PE2/63, EACS 2021, Londres.