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La déminéralisation osseuse, sous forme d'ostéopénie ou, plus grave, d'ostéoporose, est une complication métabolique fréquente chez les personnes vivant avec le VIH, en particulier chez les personnes âgées. Les causes les plus fréquentes à l'origine de cette accélération de la déperdition osseuse sont, d'une part, l'inflammation chronique générée par l'infection par le VIH et, d'autre part, le traitement par certains antirétroviraux, en particulier le fumarate de ténofovir disoproxil ou TDF.Le Dr Tara McGinty de l'University College de Dublin et ses collègues ont conçu l'étude APART afin d'évaluer si la prise sur un court laps de temps d'une forme générique du bisphosphonate oral alendronate pouvait prévenir la déminéralisation osseuse chez les personnes initiant un traitement antirétroviral.L'étude a inclus 50 participants naïfs de tout traitement antirétroviral et soumis à un traitement de première ligne associant TDF, emtricitabine et un troisième antirétroviral, généralement un inhibiteur d'intégrase. Les participants ont été répartis pour recevoir soit 70 mg d'alendronate par voie orale, soit un placebo, une fois par semaine, 15 jours avant le début du traitement anti-VIH et jusqu'à la 14ème semaine.La plupart des participants (86 %) étaient des hommes dont l'âge médian était de 35 ans (entre 32 et 40 ans). Ce détail démographique est important à noter puisque les personnes âgées, notamment les femmes ménopausées, présentent un risque élevé de déminéralisation osseuse.A la 14ème semaine, une différence entre les deux groupes était déjà apparente. Les personnes assignées à l'alendronate présentaient une augmentation médiane de +1,88% de la densité minérale osseuse (DMO) totale de la hanche vs une diminution de -0,65% dans le groupe placebo. La DMO a diminué lentement et régulièrement dans les deux groupes, pour aboutir, au final, à une augmentation de +0,50% dans le groupe alendronate vs une diminution de -2,70% dans le groupe placebo à la 50ème semaine de suivi.L'impact sur la densité minérale osseuse au niveau de la colonne lombaire a été moins durable. A la semaine 14, on a observé une augmentation de +0,50% dans le groupe alendronate contre une diminution de -2,50% dans le groupe placebo. Mais, cet effet de l'alendronate est de courte durée puisqu'à la 50ème semaine de suivi on constate une diminution de -1,40% pour le groupe traité et une diminution de -3,70% dans le groupe placebo.Étant donné que ce médicament est peu coûteux car sous forme génétique, facilement disponible et bien toléré, les investigateurs ont conclu que ces données soutiennent la prise de l'alendronate générique en cure courte pour préserver la densité minérale osseuse chez les personnes qui initient un traitement antirétroviral.Réf: McGinty T. et al. Abstract 96, CROI 2021.