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Des patients à haut risqueSTAT est une étude de phase IIIb, multicentrique, ouverte, ne comportant qu'un seul bras, d'une durée totale de suivi de 48 semaines et menée exclusivement aux USA. Elle s'est donnée pour but d'évaluer la thérapie duale associant dolutégravir et lamivudine en un seul comprimé administrée en première ligne dans le cadre d'une stratégie de mise sous traitement rapide de plus en plus utilisée en pratique quotidienne, le Test and Treat. Cette option particulière implique que le traitement antirétroviral soit initié endéans les 14 jours qui suivent le diagnostic de VIH et, donc, avant que l'état de co-infection par le virus de l'hépatite B, la fonction rénale et les tests de résistance ne soient disponibles. Pareil timing, on peut s'en douter, n'a pas manqué de soulever certaines appréhensions auprès des experts d'où la nécessité d'évaluer faisabilité et efficacité virologique du couple dolutégravir/lamivudine dans ce contexte particulier. Dans le cadre de cette étude, 16 centres américains ont recruté 131 patients, majoritairement des hommes (92%) âgés de 31 ans en moyenne. Parmi ceux-ci, 39%, 15% et 8% présentaient respectivement une charge virale initiale > 100.000, 500.000 et 1.000.000 copies/ml et 28% avaient un taux en cellules CD4 < 200. L'intervalle moyen entre le diagnostic et la mise effective sous traitement antirétroviral était de 5 jours.Des résultats intermédiaires encourageants A la semaine 24, on constate que le traitement antirétroviral initial a dû être modifié auprès de 8 patients : 5 patients en raison de la mise en évidence d'une infection par le virus de l'hépatite B, un patient en raison de la découverte d'une mutation M184V à l'initiation, un patient en raison d'effet secondaire (rash cutané) et le dernier patient a en fait été perdu de vue. Sur l'ensemble de la population de l'étude (131 patients), 78% présentaient une charge virale indétectable (< 50 copies/ mal) à 24 semaines de suivi.Si, à présent, on se base uniquement sur le groupe de patients pour lequel on dispose de données complètes, on constate que 92% ont une charge virale inférieure à 50 copies/ml et 98% une charge virale inférieure à 200 copies/ml. Concernant les 10 patients ayant une charge virale initiale supérieure à 1.000.000 copies/ml, 8 présentaient une charge < 50 copies/ ml à 24 semaines, un patient a été perdu de vue et un patient avait une charge supérieure à 50 copies/ml.Tous les patients, qui ont vu leur traitement antirétroviral modifié et pour lesquels on dispose de résultats complets, présentaient une charge virale indétectable à 24 semaines.Concernant le patient porteur de la mutation M184V, celui-ci a atteint une charge virale indétectable < 50 copies/ml dès la semaine 4 et ce, avant toute modification du schéma initial associant dolutégravir et lamivudine.Au final, ces premiers résultats intermédiaires soutiennent l'utilisation du traitement dual associant dolutégravir et lamivudine dans le cadre de la stratégie Test and Treat de mise sous traitement rapide. Surtout, ils apportent la preuve que le traitement peut être initié sans données concernant la co-infection par l'hépatite B ou le niveau de résistance de base et que les ajustements thérapeutiques peuvent être faits plus tard sans pour autant compromettre les résultats virologiques.Réf: Rolle C. et al. Abstract P020, HIV-Glasgow 2020.