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Cette étude "head to head" évalue efficacité virologique et sécurité d'emploi d'un passage vers une thérapie duale associant dolutégravir et lamivudine chez des patient virologiquement contrôlés sous trithérapie associant BIC/FTC/TAF.Les études de phase 3 TANGO et SALSA ont démontré la non-infériorité, sur le plan virologique, d'un passage vers une thérapie duale associant dolutégravir et lamivudine, par rapport au maintien sous trithérapie classique, chez des personnes vivant avec le VIH virologiquement sous contrôle, après un suivi de 196 semaines pour TANGO et 48 semaines pour SALSA. Dans l'étude TANGO, le switch se faisait par rapport à des trithérapies contenant TAF, et l'association BIC/FTC/TAF n'était pas spécifiquement évaluée. Dans l'étude SALSA, le switch se faisait au départ de toute trithérapie associant deux INTI et un troisième agent, mais seuls 10 % des participants étaient sous BIC/FTC/TAF avant le switch. Tout l'intérêt de l'étude DYAD est donc de comparer exclusivement le passage de BIC/FTC/TAF vers DTG/3TC chez des personnes dont la charge virale est indétectable.Pour cette étude randomisée, menée en ouvert et toujours en cours, 222 patients virologiquement contrôlés sous BIC/FTC/TAF ont été inclus (16 % de femmes, 51 % âgés de 50 ans et plus et 28 % d'afro-américains) et répartis en deux groupes.Dans l'un, 73 patients ont maintenu leur trithérapie usuelle et dans l'autre, 149 patients sont passés à une thérapie duale DTG/3TC. Après un suivi de 24 semaines, trois (2 %) participants sous DTG/3TC et trois (4 %) sous trithérapie présentaient une charge virale supérieure à 50 copies (critère d'évaluation principal), ce qui répondait aux critères de non-infériorité. Sur les six premiers mois du suivi, quatre patients sous DTG/3TC et trois sous trithérapie répondaient aux critères d'échec virologique confirmé. Ils ont alors subi des tests de résistance et deux patients, un dans chaque groupe, présentaient des résistances apparues en cours de traitement.Enfin, une évaluation des paramètres rénaux et métaboliques (lipides sanguins, poids, IMC et tour de taille) montre des évolutions similaires sur les 24 semaines de suivi, et donc pas de différence significative entre les deux groupes. Sur le plan de la sécurité d'emploi, on constate un taux plus élevé d'effets indésirables au sein du groupe DTG/3TC mais, selon les investigateurs, ils sont probablement cohérents avec la nature ouverte de cette étude de switch. Il s'agit principalement de nausées, fatigue et diarrhées, ce qui est en ligne avec le profil d'effets indésirables déjà observé lors d'études antérieures. Au final, ces premières données de l'étude DYAD démontrent l'efficacité non inférieure du passage au DTG/3TC par rapport à la poursuite d'une trithérapie BIC/FTC/TAF. Attendons maintenant les résultats définitifs à 48 semaines et, plus tard, à 144 semaines, puisque une extension est prévue pour observer les participants après qu'ils auront quitté l'étude, ce qui nous apportera aussi des données intéressantes en conditions de vie réelle.Réf: Rolle Ch-P et al. Open Forum Infectious Diseases, Volume 10, supplément IDWeek 2023, décembre 2023.