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Comme la vaste majorité des communications présentées lors de la CROI, il s'agit d'une étude basée sur la population américaine. Elle s'est centrée spécifiquement sur des patients ayant un accès régulier aux soins de santé, tous les participants étant en effet affiliés au Kaiser Permanente, un des principaux prestataire d'assurance maladie et de soins médicaux dans de nombreux états américains.Les données analysées lors de cet essai provenaient de 39 000 personnes vivant avec le VIH et de 387 767 personnes séronégatives. Chaque patient vivant avec le VIH a été apparié à 10 personnes séronégatives selon l'âge, le sexe, l'origine ethnique et l'année d'inscription auprès du Kaiser Permanente. Les résultats montrent que l'espérance de vie est en constante augmentation au sein du groupe des personnes vivant avec le VIH au cours de la période étudiée, soit entre 2000 et 2016. Alors qu'en 2000, les personnes vivant avec le VIH présentaient une espérance de vie moyenne inférieure de 22 ans comparativement aux personnes séronégatives de la cohorte, en 2016, le fossé s'est peu à peu comblé et, à présent, seules 9 années séparent patients vivant avec le VIH et population générale. Autre résultat important, si la personne vivant avec le VIH commençait un traitement antirétroviral avec un nombre de CD4 supérieur à 500, son espérance de vie est même un peu plus longue que celles des personnes séronégatives.Dans un second volet, les investigateurs se sont intéressés à l'impact de certaines comorbidités majeures telles que les affections hépatiques chroniques (y compris l'hépatite B ou C), les atteintes rénales chroniques, les affections pulmonaires chroniques, les maladies cardiovasculaires, le diabète ou les cancers. Ils ont ainsi pu constater que les personnes vivant avec le VIH vivent beaucoup moins d'années en bonne santé que les personnes sans VIH. Entre 2014 et 2016, un jeune séropositif de 21 ans pouvait s'attendre à vivre sans présenter aucune de ces comorbidités majeures jusqu'à l'âge de 36 ans, tandis que son homologue séronégatif ne les présentait pas avant l'âge de 52 ans, soit un "vieillissement" accéléré de l'ordre de 16 ans en moyenne. Ainsi, une atteinte hépatique chronique est survenue 24 ans plus tôt pour les personnes vivant avec le VIH, une altération de la fonction rénale, 17 ans plus tôt et une pathologie pulmonaire chronique,16 ans plus tôt. Les investigateurs soulignent cependant que l'une des limite potentielle de cette étude réside dans le fait que les personnes vivant avec le VIH ont tendance à consulter régulièrement leur médecin et à subir un dépistage plus fréquent que les participants recrutés au sein de la population générale. Par conséquent, les affections chroniques liées à l'âge peuvent être diagnostiqués à un âge plus précoce.Réf: Marcus L. et al. Abstract 151, CROOI 2020.