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L'arrivée du cabotégravir en association à la rilpivirine, c'est pour bientôt. Si disposer enfin d'un traitement antirétroviral injectable et à longue durée d'action constitue une indéniable avancée thérapeutique pour améliorer le suivi thérapeutique et donc l'efficacité de lutte contre les infections par VIH, il n'en reste pas moins vrai que patients et praticiens se posent la question "En cas d'interruption de cette nouvelle stratégie, on fait quoi et avec quel résultat virologique ?". Début de réponse avec les résultats issus d'une cohorte observationnelle et prospective réunissant les 9% (150 patients) des 1650 patients des études de phase III FLAIR, ATLAS et ATLAS-2M qui avaient arrêté le traitement associant cabotégravir et rilpivirine pour diverses raisons.Ces 150 patients étaient à 70% de race caucasienne, âgés de 38 ans en moyenne et 29% étaient de sexe féminin. La plupart des patients avaient suivi un schéma d'injection toutes les 4 semaines et seuls 36 patients un schéma d'injection tous les 2 mois.Pourquoi ont-ils interrompu leur traitement cabotégravir/rilpivirine ? Majoritairement (40%) pour cause d'effets secondaires mais aussi pour arrêt de la participation à l'étude (23%) principalement pour cause d'effets secondaires liés aux injections et, pour 18%, il s'agit d'un échec virologique. L'interruption du traitement est intervenue après 37 semaines en moyenne d'exposition au traitement. Après interruption du traitement injectable, une trithérapie classique a pris le relais endéans les 4 semaines en moyenne avec 82% des patients sous trithérapie à 8 semaines. Cette trithérapie était, dans 60% des cas, basée sur un inhibiteur de l'intégrase, principalement le dolutégravir, dans 22% il s'agissait d'un inhibiteur de protéase boosté et, enfin, dans 19% des cas, un INNTI a pris le relais.Après un an de suivi, les résultats observés sont tout à fait rassurants puisque 91% des patients revenus vers une trithérapie classique présentaient une charge virale indétectable. Plus rassurant encore, 88% des patients ayant interrompu le traitement injectable pour cause d'échec thérapeutique présentaient une charge virale indétectable.Sur le plan des effets secondaires, il est important de noter, vu la longue durée d'élimination de ces produits, qu'aucun effet secondaire associé au traitement cabotégravir/rilpivirine n'a été observé. Au final, il est rassurant de constater qu'après interruption du traitement cabotégravir/rilpivirine, toutes causes confondues, la reprise d'une trithérapie classique endéans un délai de 4 à 8 semaines permet à la vaste majorité des patients de retrouver et maintenir une charge virale indétectable.Réf: Teichner P. et al. Abstract OS1/3, EACS 2021, Londres.