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Réalisée entre 2017 et 2018, cette étude anglaise a inclus 94 femmes séropositives dans le dernier trimestre de leur grossesse ou venant d'accoucher, 92% d'entre-elles présentaient une charge virale indétectable. Le premier constat est celui d'un désir profond de pouvoir allaiter naturellement son bébé. En effet, 66% ont entendu parler de la possibilité d'allaitement pour les femmes séropositives traitées, 89% en ont discuté avec un praticien ou une infirmière spécialisée et 90% se sont déclarées prêtes à subir des tests de charge virale tous les mois durant l'allaitement et 84% à permettre des tests chez leur nouveau-né. Cependant, la plupart ont décidé de ne pas concrétiser leur souhait d'allaiter par crainte d'infecter leur bébé malgré une charge indétectable et des contrôles mensuels puisque seuls 27% ont finalement sauté le pas et outrepassé leurs craintes. Dans une société qui valorise l'allaitement maternel, le refus de suivre le diktat stigmatise ces femmes séropositives qui se voient forcées de mentir à leurs proches et relations quant aux véritables raisons du refus d'allaiter naturellement le nouveau-né. Ainsi, 65% des femmes déclarent avoir été interrogées par des proches sur leurs intentions d'allaiter ou non le bébé et près de 70% déclarent avoir ouvertement menti quant aux véritables raisons de leur refus. Contre la stigmatisation et le secret, les investigateurs préconisent le dialogue ouvert et la transparence pour optimiser l'aide aux femmes qui veulent allaiter.Réf: Nyatanza F et al. British HIV Association 2019 congress, oral presentation O05, Bournemouth.