Les personnes vivant avec le VIH co-infectés par le virus de l'hépatite C ne présentent pas de risque accru de complications hépatiques ou de décès par maladies hépatiques après un traitement de l'hépatite C par antiviraux à action directe selon les résultats d'une analyse des données de la cohorte française HEPAVIH menée par un groupe de chercheurs de l'Université de Bordeaux et présentée lors de l'édition virtuelle de l'International Liver Congress (ILC).

Selon les conclusions d'une étude américaine publiée en ligne dans la revue AIDS, les personnes vivant avec le VIH ne présentent pas de risque significativement accru de mortalité par la COVID-19 une fois les comorbidités sous-jacentes prises en compte. Ce n'est donc pas le VIH, per se, qui augmenterait le risque de décès mais bien le fardeau des comorbidités, une situation somme toute identique à celle observée au sein de la population générale non porteuse du VIH. Par contre, même en tenant compte de comorbidités telles que l'obésité, les affections respiratoires et les maladies rénales, les personnes séropositives sont d'avantage susceptibles d'être hospitalisées que les personnes séronégatives.

Lors de l'édition 2020 de l'American Conference for the Treatment of HIV (ACTHIV) les résultats partiels, à 24 semaines, de l'étude STAT ont été présentés démontrant qu'une stratégie Test and Treat de mise sous traitement antirétroviral rapide sur base de la thérapie duale associant dolutégravir et lamivudine est faisable et surtout virologiquement efficace et sûre.

Une enquête, menée auprès de 449 praticiens de 13 pays répartis sur les cinq continents et impliqués dans l'étude de phase III/b ATLAS-2M, montre que l'implémentation d'une nouvelle stratégie de traitement antirétroviral axée sur l'administration de cabotégravir LA est tout à fait possible mais elle devra être accompagnée de recommandations cliniques et opérationnelles ainsi que d'un volet éducatif tant pour le staff médical que pour les patients.

Le suivi sur une longue période, 264 semaines, d'un groupe restreint de patientes ayant pris part à l'étude ARIA nous renseigne sur l'évolution, au fil du temps, de la prise de poids chez des femmes vivant avec le VIH ayant initié une trithérapie comportant du dolutégravir.

Une méta-analyse en réseau réunissant 14 études de phase III/IV et plus de 10.000 patients montre une efficacité virologique et un profil de sécurité d'emploi comparable pour le 2DR associant dolutégravir et lamivudine par rapport aux trithérapies traditionnelles chez des patients naïfs sur une période de 96 semaines.

Les études GEMINI 1 et 2 (initiation du traitement) et TANGO (switch) ont démontré que l'association dolutégravir/lamivudine est tout aussi efficace sur le plan virologique et bien tolérée que les classiques trithérapies de référence. Mais, force est de constater que pour convaincre praticiens et surtout patients de quitter le doux cocon de certitude et de confiance tissé au fil de l'expérience par les trithérapies, il faut disposer d'autres arguments notamment concernant de possibles bénéfices en terme de variation pondérale ou d'amélioration du profil lipidique, deux paramètres importants lors du choix thérapeutique pour une population qui vieillit et est exposée, souvent précocement aux risques cardiovasculaires. Début de réponse avec cette étude présentée à l'IAS 2020.

Comparant une trithérapie classique à une stratégie 2DR associant dolutégravir et lamivudine dans le cadre de la maintenance, l'étude espagnole DOLAM confirme, à deux ans de suivi, l'efficacité du couple dolutégravir/lamivudine dans le cadre du switch avec ceci d'intéressant qu'elle n'a recruté que des patients au profil correspondant aux recommandations internationales pour le passage vers une thérapie 2DR.

Lors du congrès virtuel de l'IAS, le Dr Rebecca Zash (Harvard Medical School) a présenté une actualisation des données de l'étude Tsempo qui surveille l'évolution de la prévalence des anomalies de fermeture du tube neural chez les enfants nés de femmes vivant avec le VIH et traitées au moment de la conception ou en cours de grossesse avec un schéma antirétroviral comportant du dolutégravir. Des résultats en baisse qui devraient plus encore rassurer la communauté scientifique. Comme quoi, il faut toujours laisser du temps au temps!

On dispose de plus en plus de données cliniques et épidémiologiques montrant que la survenue de MST constitue un important facteur d'échec, donc de séroconversion, chez les personnes sous PrEP. Une analyse des données collectées au cours de l'étude française IPERGAY nous informe tant sur la réalité des MST sous PrEP que sur le profil des patients les plus à risque, des données importantes pour permettre l'élaboration de nouvelles stratégies de dépistage et de suivi visant à améliorer l'efficacité globale de la PrEP.

Virage majeur en vue pour la PrEP sur base des résultats intermédiaires de l'étude HPTN-083 révélés en détail lors du congrès virtuel de l'IAS (International AIDS Society). En réduisant de 66% l'incidence annuelle des séroconversions, la PrEP par injection bimensuelle de cabotégravir dépasse largement le critère initial de " non infériorité " de l'étude pour se révéler statistiquement supérieure à la PrEP classique associant emtricitabine (FTC) et TDF administrée par voie orale.

L'information selon laquelle une étude évaluant une formulation injectable à longue durée d'action de PrEP axée sur le cabotégravir a été interrompue précocement en raison de sa grande efficacité par rapport à la formulation traditionnelle de la PrEP associant TDF et emtricitabine en prise orale quotidienne a été saluée par la revue Science en ces termes " Le cabotégravir n'est certes pas un vaccin contre le VIH mais c'est, en l'état, ce qui s'en approche le plus actuellement ".

Le recours à des drogues " récréatives " pour toujours aller plus haut dans les sensations et les performances lors des relations sexuelles, autrement dit le chemsex, est en progression constante parmi les hommes pratiquant le sexe avec d'autres hommes (HSH) selon une analyse longitudinale sur une période de 11 ans menée auprès des participants à la cohorte suisse SHCS (Swiss HIV Cohort Study).

Environ 25% des personnes vivant avec le VIH avec un poids corporel normal présentent une stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD) selon une récente étude menée de concert par des chercheurs italiens et canadiens et publiée en ligne dans la revue Clinical Infectious Diseases.

Les hommes entretenant des relations sexuelles avec d'autres hommes, gays ou bisexuels, constituent une source majeures d'infection par le VIH. Afin de limiter la transmission du virus, une nouvelle stratégie thérapeutique a été mise sur pied à Amsterdam visant à diagnostiquer et traiter le jour même les patients présentant une infection aiguë par le VIH. Une étude juste publiée dans la revue Clinical Infectious Diseases dresse un premier bilan, globalement positif, de cette nouvelle approche.

Tout en démontrant une amélioration des profils de sécurité tant rénale qu'osseuse, un certain nombre d'études cliniques récentes observent cependant un impact négatif sur le profil lipidique des personnes vivant avec le VIH lors du passage d'un traitement antirétroviral contenant le TDF vers un schéma incluant le TAF. La récente étude irlandaise publiée en ligne sur le site de la revue AIDS a ceci de particulier et intéressant qu'elle observe l'impact d'un passage du TDF au TAF sur le profil lipidique dans un contexte de vie réelle.