Sous la bannière du Consortium belge de recherche sur le VIH (BREACH), cinq centres hospitaliers universitaires et l'Institut de médecine tropicale d'Anvers ont mené une étude destinée à évaluer les traitements ART combinés centrés sur le dolutégravir en condition de pratique réelle auprès de plus de 4.000 patients belges. Présentés sous forme d'ePoster lors de l'édition 2019 du congrès de l'EACS à Bâle, les résultats confirment l'efficacité virologique élevée, la durabilité et le bon profil de tolérance des combinaisons ART centrés sur le dolutégravir dans la " vraie vie ".

Sur base de la population de l'essai clinique TANGO, une étude, présentée sur forme de poster lors du congrès de l'EACS, montre que le passage d'une trithérapie à base de TAF vers un 2DR combinant dolutégravir et lamivudine (3TC) dans le cadre d'un switch n'est pas associé à une fréquence plus élevée d'épisodes de virémie intermittente chez les patients expérimentés dont la charge virale est indétectable.

Sur base de 9 grandes cohortes européennes réunies au sein du projet INTAGRATE, Barbara Rossetti et son équipe de l'Université de Sienne (Italie) ont dressé un intéressant instantané européen de la prévalence des résistances aux inhibiteurs de l'intégrase ainsi que de l'efficacité des ART centrés sur un inhibiteur de l'intégrase.

C'est, et pour la première fois, officiel, 2=3 puisque la très exigeante EACS recommande, dans ses nouveaux guidelines, la combinaison dolutégravir + lamivudine (3TC) pour initier un traitement antirétroviral chez des patients naïfs et en switch pour les patients expérimentés dont la charge virale est indétectable sous trithérapie.

Si la stéatose hépatique, premier pas vers la NASH, connaît actuellement une croissance de type exponentielle de par le monde, les patients vivant avec le VIH sont loin d'être épargnés car, aux multiples facteurs de risque métaboliques déjà bien connus, s'ajoute l'inflammation chronique liée au VIH ainsi que l'impact des traitements. Face à cette nouvelle menace, une équipe romaine s'est intéressée à la prévalence de la stéatose hépatique sur un petit groupe de 60 patients et surtout à l'impact différentiel des traitements antirétroviraux, en particulier, de la nouvelle option thérapeutique allégée associant dolutégravir et lamivudine.

Depuis les années 1996-1997 et les études cliniques de Gulick et Hammer démontrant la supériorité en terme d'efficacité virologique des trithérapies sur les mono et bithérapies de l'époque, chercheurs, pharmacologues et cliniciens n'ont eu de cesse de rechercher des alternatives à ce " magic bullet " de trois antirétroviraux tant pour améliorer l'adhérence thérapeutique des patients que pour leur éviter au maximum les effets toxiques inhérents à ces traitements à vie. Afin de mieux appréhender toute l'importance clinique et pratique des nouvelles thérapies duales ou 2DR pour l'amélioration de la prise en charge des patients vivant avec le VIH, le Pr Jean Cyr Yombi (Cliniques Universitaires St Luc, Bruxelles) revient sur ce parcours du combattant qui mène du " magic bullet " au 2, le nouveau chiffre clé du traitement antirétroviral moderne.

Au-delà des résultats chiffrés des études GEMINI 1&2, que tout le monde à présent connaît, démontrant la non infériorité d'une thérapie duale moderne associant dolutégravir et 3TC chez le patient VIH naïf vs une trithérapie classique tant sur le plan virologique que de la sécurité d'emploi (GEMINI 1&2, 48 semaines) ainsi que la durabilité de cet effet dans le temps (GEMINI 1&2, 96 semaines), le Pr Jean-Cyr Yombi (Cliniques Universitaires St Luc, Bruxelles) nous livre ici son analyse personnelle de ces études, soulignant les points forts qui, selon lui, devraient, dans un proche avenir, permettre l'accès de la thérapie duale, dolutégravir-3TC, au statut de traitement de première ligne pour les patients VIH naïfs dans les futures guidelines.

Pour le Pr Jean-Cyr Yombi, les résultats de l'étude TANGO ouvrent le débat sur la place du TAF dans les schémas thérapeutiques des patients expérimentés dès lors que les résultats de cette étude montrent que le passage vers une thérapie duale exempte de TAF fait jeu égal sur le plan virologique et de la sécurité d'emploi avec une trithérapie classique contenant, elle, du TAF.

Jusqu'à présent chercheurs et cliniciens ont toujours estimé que l'âge du coeur des patients vivant avec le VIH, un excellent marqueur du risque cardiovasculaire réel, était équivalent à celui de la population générale. Or, on le sait, mode de vie, infections diverses, le virus du VIH himself ainsi que les traitements administrés, antirétroviraux et autres, accélèrent le vieillissement des organes et des fonctions de ces patients. D'où la question qu'un groupe d'investigateurs américains s'est posée à juste titre: " Quel est donc l'âge cardiaque réel des patients vivant avec le VIH? "

A Paris, des responsables de la Santé Publique ont signalé une épidémie par une souche recombinante du VIH particulièrement virulente caractérisée par une charge virale initiale particulièrement élevée et une perte rapide en cellules CD4. Cette épidémie par le virus tropique X4 est rapporté dans le bulletin d'Eurosurveillance par une équipe de l'hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris.

Une étude, menée au Botswana et publiée dans l'édition d'octobre de la revue Journal of AIDS, fournit d'importantes preuves d'efficacité et de sécurité concernant l'utilisation d'un schéma de traitement antirétroviral basé sur le dolutégravir associé à un traitement par la rifampicine chez les nombreux patients vivant avec le VIH et co-infectés par la tuberculose. Malheureusement, en l'état, ces données rassurantes ne sont pas assez solides pour induire un changement de politique pour le traitement combiné de la tuberculose et du VIH.

L'étude de phase 2b LATTE a profité de l'édition 2019 de l'IDWeek à Washington pour se rappeler à notre bon souvenir en démontrant que 5,5 ans après la fin de la période d'induction de six mois, l'association orale cabotégravir et rilpivirine administrée une fois par jour continue à maintenir la charge virale indétectable chez la plupart des patients. D'excellents résultats qui ne font que consolider la confiance en cette molécule actuellement testée sous sa forme injectable et futur espoir des nouvelles stratégies d'allégement généralisé des protocoles thérapeutiques antirétroviraux.

Selon les résultats d'une grande étude danoise publiée dans la revue AIDS, les patients vivant avec le VIH et chez qui une insuffisance rénale chronique a été diagnostiquée présentent un risque particulièrement élevé de développer rapidement une maladie grave ou de décéder. Mais, il existe un certain nombre de facteurs de risque modifiables qui dépistés et pris en charge rapidement pourraient éviter cette évolution.

Des investigateurs danois se sont intéressés à la prévalence de l'insuffisance rénale chez des patients caucasiens vivant avec le VIH présentant une charge virale indétectable et sans facteurs de risque supplémentaires de dégradation de la fonction rénale. Si la prévalence de l'atteinte rénale s'avère faible chez ces patients, le risque de dégradation de la fonction rénale s'avère cependant trois fois plus élevée que celui observée au sein de la population non VIH servant de groupe contrôle pour cette étude ce qui positionne l'infection par le VIH au même niveau de risque pour le rein que le diabète d'où la nécessité d'une attention et d'un contrôle constant de la fonction rénale chez ces patients.

L'instauration des stratégies de mise sous traitement antirétroviral immédiate sans tenir compte du nombre de cellules CD4 ainsi la réalisation des objectifs de traitement et de suppression virale du programme 90-90-90 de l'ONUSIDA dès 2013 ont entraîné une importante diminution des cas de primo-infections et d'infections récentes par le VIH en France. Retour en chiffres sur cette preuve renouvelée de l'impact de ces stratégies pour mieux contrôler l'épidémie de VIH.

Selon une étude canadienne présentée dans le cadre de l'édition 2019 du congrès de l'IAS à Mexico, les traitements de substitution aux opiacés, par exemple la méthadone, augmentent la probabilité, pour les femmes qui consomment des drogues injectables, de maintenir une charge virale indétectable vraisemblablement en améliorant leur adhérence thérapeutique aux antirétroviraux.

Lors d'une conférence de presse tenue à Mexico durant le congrès 2019 de l'IAS, l'OMS a mis à jour ses recommandations concernant les modalités d'accès à la PrEP pour y inclure la PrEP à la demande, encore appelée stratégie 2+1+1, en tant que mode de prévention de la transmission du VIH pour les hommes pratiquant le sexe avec d'autres hommes (HSH), un nouveau pas pour alléger et faciliter ce type de prévention qui se révèle, au fil des études, une stratégie hautement efficace pour éviter la transmission du VIH chez les sujets à très haut risque.