De nouvelles données intermédiaires d'un essai de phase 2a évaluant l'innocuité, la tolérance et la pharmacocinétique de l'islatravir administré par voie orale une fois par mois dans le cadre de la PrEP démontrent que cette nouvelle molécule atteint bien, voire dépasse largement, le seuil pharmacocinétique d'efficacité prédéfini pour la PrEP aux deux doses étudiées de 60mg et 120 mg.

Après la FDA, l'EMA autorise, à son tour, la mise sur le marché européen de la toute première formulation du dolutégravir en comprimés dispersibles dosés à 5mg et destinée exclusivement à la prise en charge du VIH chez les enfants de plus de 4 semaines et pesant au moins 3 kg.

Si de nombreuses études ont clairement établi que les personnes vivant avec le VIH présentent un risque majoré de présenter des événements thrombo-emboliques veineux que les personnes non infectées, on en ignore toujours le taux de récidive. A cette question importante pour l'évaluation de la durée du traitement anticoagulant, une équipe du Centre Medical Universitaire de Rotterdam apporte une intéressante réponse via une étude menée auprès des participants à la cohorte nationale ATHENA.

Une étude de cohorte chinoise examine les caractéristiques ainsi que les taux de suppression virale parmi différentes populations de patients vivant avec le VIH et conclu qu'il demeure des challenges thérapeutiques importants concernant certains groupes de patients particulièrement difficiles à traiter et surtout à maintenir au long cours dans les parcours de soins.

Selon une étude américaine menée auprès des patients vivant avec le VIH et suivis dans 14 centres de référence de la zone de Washington DC, l'existence d'antécédents de condylomes de l'anus augmente de manière conséquente le risque de développement un cancer anal. D'où l'importance d'un suivi scrupuleux et régulier de ces patients.

A présent que les traitements antirétroviraux performants ont réussi le tour de force de transformer l'infection par le VIH en une maladie chronique, la question de la gestion des comorbidités liées à l'âge se retrouve au centre des préoccupations des experts en charge des patients vieillissant avec le VIH. A l'université de Washington à Seattle, un groupe d'investigateurs s'est intéressé à l'évolution du type d'infarctus du myocarde en fonction de l'âge.

Quand tout s'arrête, COVID-19 et lockdown oblige, comment évoluent les pratiques sexuelles et le suivi de la PrEP chez les HSH séronégatif ? Réponse avec les résultats d'une enquête menée auprès de patients d'un grand centre de référence VIH à Melbourne durant le second lockdown complet qu'a connu l'Australie.

En date du 21/12/2020, l'EMA a autorisé la mise sur le marché européen du cabotégravir, sous forme injectable ou en comprimés, en combinaison avec la rilpivirine, sous forme injectable ou en comprimé, pour les patients vivant avec le VIH présentant une charge virale indétectable sous traitement antirétroviral classique et exempts de résistances ou d'antécédents d'échecs virologiques avec un inhibiteur de l'intégrase ou un NNRTI. Un beau cadeau fin d'année pour les millions des patients vivant avec le VIH et une nouvelle étape capitale pour faire du VIH une maladie chronique comme bien d'autres.

Dans son dernier rapport sur la situation des IST au Royaume-Uni, le département de la Santé Publique anglais constate que les diagnostics de lymphogranulome vénérien ont atteint leur niveau record en 2019. Autrefois majoritairement concentré sur les HSH séropositifs, ces diagnostics se révèlent en très forte augmentation au sein de la population des HSH séronégatifs ou de statut VIH inconnu.

Une question scientifique, voire parfois éthique et morale, concernant la PrEP taraude le milieu des experts du VIH: la PrEP amène-t-elle les HSH à prendre d'avantage de risques sexuels et donc à attraper d'avantage d'infections bactériennes sexuellement transmissibles (IST) ? Non, répond une étude australienne qui constate bien un taux important d'IST avant la mise en route de la PrEP mais surtout une stabilisation de ce taux durant les 2 années suivant l'instauration de la PrEP.

Une étude américaine en condition de pratique quotidienne menée par une équipe d'investigateurs du Kaiser Permanente avertit d'un risque accru des cas de démence chez les hommes vieillissant avec le VIH. De plus, ce risque se révèle plus précoce puisque l'âge moyen, lors du diagnostic de démence, était de 67 ans en moyenne chez les sujets vivant avec le VIH contre 78 ans pour leurs pairs exempts d'infection par le VIH.

Une étude paneuropéenne, publiée en ligne fin décembre 2020 sur le site de la revue HIV Medicine, constate que les personnes séropositives présentant un taux de CD4 inférieur à 350 sont trois plus susceptibles de souffrir d'une forme sévère ou critique de l'infection par la Covid-19 que les personnes ayant un taux en CD4 plus élevé ce qui vient renforcer les avertissements récents de la British HIV Association et de l'European AIDS Clinical Society selon lesquels les personnes séropositives immunodéprimées sont à haut potentiel de contracter une forme sévère de la COVID-19 et sont donc, de ce fait, prioritaires pour la vaccination qui débute cahin-caha en Europe.

Initiée en novembre 2018, l'étude prospective allemande URBAN s'est donnée pour mission d'évaluer, en conditions réelles, l'efficacité virologique, la tolérance ainsi que le ressenti des patients concernant le traitement dual associant dolutégravir et lamivudine administré en première ligne (patients naïfs) ou dans le cadre du switch (patients expérimentés). Le congrès de Glasgow a été l'occasion, pour nos confrères allemands, de présenter des résultats intermédiaires intéressants après 6 mois de suivi.

Selon les données d'une étude menée par un groupe d'investigateurs internationaux sur base des populations des cohortes EuroSIDA et COHERE et publiées en libre accès dans la revue BMC Infectiology, près de la moitié des diagnostics d'infection par le VIH sont trop tardifs en Europe puisqu'ils interviennent alors que le système immunitaire des patients est fortement affaibli. Un constat qui n'est pas sans conséquence puisque les investigateurs constatent une multiplication par 9 de l'incidence des maladies définissant le SIDA ainsi que des décès dans les douze mois suivant un diagnostic tardif. Un signal fort pour renforcer plus encore les stratégies de prévention, de dépistage et de mise sous traitement rapide.

Une récente enquête, menée en ligne par des sites associatifs anglais auprès des utilisateurs de PrEP, montre que près d'un patient sur dix reconnaît recourir à l'automédication en antibiotiques pour prévenir la survenue d'une MST. Une pratique qui soulève la question du risque de résistance aux antibiotiques lors du traitement des MST.

Une étude, menée par une équipe d'investigateurs de l'Université de Modène à la fin de la période de confinement en Italie, ne montre aucune différence statistiquement significative concernant le taux de contamination par la COVID-19 entre patients séropositifs pour le VIH et population générale séronégative. Par contre, le constat d'une augmentation sensible des blips viraux inquiète car elle reflète une diminution de l'adhérence thérapeutique ou une difficulté à se procurer les antirétroviraux en raison du confinement très strict en Italie.