Lors de l'édition 2021 virtuelle de la CROI, Chloé Orkin (Queen Mary University of London) a présenté les résultats d'analyses complémentaires des études GEMINI 1&2 portant, cette fois, sur différents sous-groupes en fonction de caractéristiques initiales démographiques ou liées à l'affection, des résultats qui montrent une efficacité virologique élevée et persistante à 3 ans sur ces différents sous-groupes.

De nouvelles analyses des données issues des études ATLAS et ATLAS-2M, en fonction de l'administration de TAF à l'inclusion montrent une amélioration des marqueurs rénaux et osseux chez les patients qui passent d'un schéma thérapeutique comportant TAF vers un schéma injectable associant cabotégravir et rilpivirine LA.

De nouvelles données de l'étude TANGO démontrent qu'un switch d'une trithérapie antirétroviral basée sur TAF vers une thérapie duale associant dolutégravir et 3TC est efficace pour maintenir la suppression virologique sur le long terme (96 semaines) et ce, indépendamment du type de traitement antirétroviral ou bien des caractéristiques démographiques ou liées l'infection lors de l'initiation du switch vers la thérapie duale.

Sur base d'une modélisation mathématique, des chercheurs de l'Université Johns Hopkins ont évalué qu'à l'aube de 2030, le nombre de citoyens américains vivant avec le VIH et âgés de plus de 65 ans devrait augmenter rapidement et, outre le VIH, beaucoup présenteront de multiples comorbidités.

De nouvelles données de l'étude ATLAS-2M confirment qu'un schéma d'administration IM tous les 2 mois de cabotégravir et rilpivirine LA maintient la suppression virale pendant deux ans et est non inférieure à un schéma d'injection mensuelle ouvrant ainsi la voie à une nouvelle option plus simple, plus discrète et moins contraignante du traitement antirétroviral. Un pas de plus vers une optimisation du bon suivi thérapeutique.

Recommandée par l'EACS, le WHO ou encore l'IAS comme alternative intéressante à la PrEP administrée sur base quotidienne, la prise de la PrEP à la demande manque encore de données solides en condition de vie réelle. Lacune comblée par les équipes du Pr Jean-Michel Molina qui ont profité de l'édition 2021 de la CROI pour présenter les premiers résultats de l'étude ANRS-PREVENIR menée, depuis deux ans, en région parisienne.

Pour la première fois, un essai clinique solide, puisque contrôlé et randomisé, démontre qu'une intervention psychologique en ligne de type méditation en pleine conscience améliore de façon substantielle les sentiments de dépression, d'anxiété et de solitude chez les personnes vivant avec le VIH âgées de 50 ans et plus, surtout en ces périodes de maelström émotionnel causé par la pandémie de COVID-19.

Une étude de l'AVAC, AIDS Vaccine Advocacy Coalition, tire la sonnette d'alarme concernant la trop lente progression de l'implantation de la PrEP au niveau mondial. Fin 2020, 928.750 personnes avaient initié une PrEP dans le monde, bien loin de l'objectif de 3 millions d'utilisateurs recommandé par l'ONUSIDA pour espérer réduire à 500.000 le nombre annuel de nouvelles infections VIH.

Présentées dans le cadre du récent congrès virtuel HIVR4P (HIV Research for Prévention), deux études internationales réunissant plus de 4500 volontaires sur quatre continents ont apporté la preuve que des perfusions, tous les deux mois, d'un anticorps neutralisant à large spectre, VRC01 en l'occurrence, permettent de neutraliser certaines souches du virus mais, seul, il ne fait pas le job.

De nouvelles données intermédiaires d'un essai de phase 2a évaluant l'innocuité, la tolérance et la pharmacocinétique de l'islatravir administré par voie orale une fois par mois dans le cadre de la PrEP démontrent que cette nouvelle molécule atteint bien, voire dépasse largement, le seuil pharmacocinétique d'efficacité prédéfini pour la PrEP aux deux doses étudiées de 60mg et 120 mg.

Après la FDA, l'EMA autorise, à son tour, la mise sur le marché européen de la toute première formulation du dolutégravir en comprimés dispersibles dosés à 5mg et destinée exclusivement à la prise en charge du VIH chez les enfants de plus de 4 semaines et pesant au moins 3 kg.

Si de nombreuses études ont clairement établi que les personnes vivant avec le VIH présentent un risque majoré de présenter des événements thrombo-emboliques veineux que les personnes non infectées, on en ignore toujours le taux de récidive. A cette question importante pour l'évaluation de la durée du traitement anticoagulant, une équipe du Centre Medical Universitaire de Rotterdam apporte une intéressante réponse via une étude menée auprès des participants à la cohorte nationale ATHENA.

Une étude de cohorte chinoise examine les caractéristiques ainsi que les taux de suppression virale parmi différentes populations de patients vivant avec le VIH et conclu qu'il demeure des challenges thérapeutiques importants concernant certains groupes de patients particulièrement difficiles à traiter et surtout à maintenir au long cours dans les parcours de soins.

Selon une étude américaine menée auprès des patients vivant avec le VIH et suivis dans 14 centres de référence de la zone de Washington DC, l'existence d'antécédents de condylomes de l'anus augmente de manière conséquente le risque de développement un cancer anal. D'où l'importance d'un suivi scrupuleux et régulier de ces patients.