Maladie des petits vaisseaux cérébraux: les antirétroviraux plaident non coupables

Deux fois plus fréquente chez les patients vivant avec le VIH âgés de 50 ans ou plus et sous contrôle virologique qu'au sein de la population générale, la maladie des petits vaisseaux cérébraux, grande pourvoyeuse d'AVC et de démences, serait-elle liée aux traitements par antirétroviraux? Réponse et réassurance avec les résultats de l'étude MicroBREAK-2.

Une étude observationnelle confirme l'efficacité des inhibiteurs de l'intégrase chez le patient expérimenté

Peu d'études observationnelles solides et de grande envergure ont examiné l'efficacité des inhibiteurs de l'intégrase administrés chez des patients expérimentés dans le cadre d'un switch thérapeutique. Lacune comblée avec cette vaste étude de cohorte publiée dans la revue AIDS qui confirme l'efficacité virologique ainsi que la bonne récupération immunologique de cette classe d'antirétroviraux auprès de patients expérimentés avec ou sans échec virologique.

Les réseaux sociaux au service du dépistage du VIH: une expérience chinoise

Menée entre 2015 et 2017 par le principal réseau social chinois destiné prioritairement aux hommes pratiquant le sexe avec d'autres hommes (HSH), une campagne d'incitation au dépistage du VIH via des messages électroniques démontre toute l'utilité du recours aux réseaux sociaux ciblés pour augmenter le rendement du dépistage au sein du groupe traditionnellement difficile à atteindre des HSH.

Dabigatran et traitements antirétroviraux sont-ils compatibles ?

Une étude basée sur des cas cliniques récemment publiée dans la revue HIV Medicine nous rassure quant à la sécurité d'emploi et au maintien de l'efficacité préventive thromboembolique en cas de prescription concomitante du dabigatran et des traitements antirétroviraux pour prévenir le risque thromboembolique en cas de fibrillation auriculaire ou en post AVC chez les patients vivant avec le VIH.

PrEP: une vaste revue de la littérature confirme son efficacité préventive

Afin de mettre à jour, tout en les améliorant, les recommandations concernant la prescription et le bon suivi de la PrEP, le groupe de travail de l'US Preventive Services a procédé à une revue systématique de la littérature scientifique concernant l'efficacité, le bon suivi et la sécurité d'emploi de la PrEP. Même si les études prises en compte ne concernent que les MSM américains pris en charge aux USA, ces résultats, très satisfaisants, confirment tout l'intérêt de la PrEP comme outil de pointe pour réduire le risque de transmission du VIH.

Allaitement et VIH: des femmes entre désir sincère, peur et stigmatisation

Une étude récente, présentée lors du congrès 2019 de la British HIV Association, montre que 38% des femmes séropositives voudraient allaiter leur enfant mais seules 27% d'entre-elles estiment que l'allaitement maternel est sans risque dès lors que leur charge virale est indétectable. Or, nombre de données cliniques attestent que si la mère présente une charge indétectable sous traitement ARV bien suivi et que des contrôles sur l'enfant et la mère sont faits tous les mois, le risque de transmission est nul. Encore fait-il que les mamans soient au courant.

Cancer anal: traitement moins efficace et plus toxique en cas d'infection par le VIH

Selon les résultats d'une vaste méta-analyse publiée dans la revue Journal of Gastrointestinal Oncology, le traitement classique du cancer anal localisé associant chimiothérapie et radiothérapie se révèle moins efficace en terme de survie à 3 ans sans évolution et de survie globale à 3 et 5 ans chez les patients vivant avec le VIH. Il est, de plus, susceptible de provoquer d'avantage de toxicités dermatologiques modérées à sévères (+33%) chez ce groupe de patients. Les investigateurs espèrent que leurs conclusions aideront les praticiens à choisir des options thérapeutiques personnalisées, à la fois plus efficaces et moins toxiques, pour ce groupe de patients particuliers à haut risque de cancer anal.

Les jeunes générations en désamour avec le préservatif

Basée sur le suivi longitudinal de trois cohortes ayant recruté des HSH âgés de 18 ans en moyenne en 2007, 2010 et 2015, cette analyse publiée récemment dans la revue Archives of Sexual Behavior dresse un historique très intéressant de l'évolution au fil du temps du recours au préservatif chez les HSH. Principal enseignement: si les jeunes générations (cohorte de 2015) recourent d'avantage au préservatif à l'âge de 18 ans, ils ont malheureusement tendance à le délaisser très rapidement en prenant de l'âge d'où l'intérêt de la PrEP pour contrer ce mouvement haussier des rapports non protégés et éviter ainsi une possible flambée des seroconversions dans les années futures.

Le chemsex serait-il sur le déclin ?

Première étude prospective sur le phénomène du chemsex, pratique très en vogue dans les milieux festifs homosexuels, l'essai anglais AURAH2 constate, en 3 ans, une diminution de 2/3 des adaptes du chemsex chez les patients de trois cliniques de santé sexuelle à Londres et Brighton spécialisées dans la prise en charge, le suivi et l'accompagnement des patients VIH ou non, victimes d'addictions de tous ordres.

Bientôt les génériques mais quelles économies espérer ?

A partir de 2019 et au-delà un certain nombre d'antirétroviraux seront disponibles sous forme générique, leur patente ayant expiré. Dans cette perspective, le Public Health England, l'agence exécutive du Ministère de la Santé et des Affaires Sociales du Royaume-Uni, s'est livré à un très intéressant travail d'évaluation des possibles économies d'échelle si tout patient anglais porteur du VIH et traité par ARV (85.000) passait d'office aux génériques dès leur mise à disposition. Résultat, près de 7 milliards de livres sterling d'économies sur les 15 années à venir!

Importance de surveiller la santé osseuse du patient VIH âgé

L'étude est certes de petite envergure, 10 patients vivant avec le VIH appariés à 20 patients témoins sains, cependant elle nous signale, fort à propos, que tant l'infection par le VIH que son traitement par antirétroviraux augmente le risque de détérioration du tissus cartilagineux et, par voie de conséquence, d'évolution vers l'arthrose. Une attention toute particulière doit donc être portée sur l'évaluation et la prise en charge des problèmes osseux présentés par les patients âgés vivant avec le VIH.

Nouveau paradigme pour le mode de transmission de la gonorrhée

Selon les conclusions d'une étude australienne publiée dans la revue Sexually Transmitted Infections, la sphère oro-pharyngée, et en particulier la gorge, constituerait une source importante de transmission de la gonorrhée chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes (HSH).

VIH: bien que vaccinés, certains patients ne sont pas protégés contre l'hépatite A

Une étude récente menée par le Center for Disease Control and Prevention (CDC) suite à une épidémie d'hépatite A dans le Tennessee montre que plus de la moitié des patients vivant avec le VIH ayant contracté une hépatite A avaient été au moins partiellement vaccinés, preuve que même vaccinés les patients VIH+ ne bénéficient pas d'une protection fiable.

DIAMOND study: évaluation, à 48 semaines, de l'initiation très rapide du traitement antirétroviral

Présentés dans le cadre de l'édition 2019 de la Conférence Américaine sur le traitement du VIH qui vient de se tenir à Miami, les résultats, à 48 semaines de suivi, de l'étude DIAMOND montre qu'un traitement basé sur l'association darunavir/cobicistat/emtricitabine/TAF en comprimé à prise unique, initié moins de 14 jours après diagnostic, est bien tolérée et permet à la vaste majorité des patients traités de parvenir à une charge virale indétectable (< 50 copies/ml).

VIH et dépendance aux opioïdes: intérêt des implants de naltrexone pour le sevrage

Une étude, menée en Russie et publiée dans l'édition d'avril de la revue The Lancet HIV, montre que les implants de naltrexone à libération lente offrent de meilleures perspectives de réussite et de suivi d'un traitement par antirétroviraux par rapport aux formes orales et injectables classiques chez les patients vivant avec le VIH et dépendants aux opioïdes injectables. Une étude intéressante mais, attention,cette formulation de la naltrexone n'est actuellement approuvée qu'en Russie.