Tout sur Seattle

Le congrès de Madrid aura été pour le Pr Philip Mease (University of Washington, Seattle) l'occasion de présenter des résultats actualisés de l'étude FUTURE 5. Sur un suivi de 2 ans (104 semaines), le secukinumab confirme son potentiel à inhiber au long cours la progression radiographique de l'arthrite psoriasique et à maintenir la réponse clinique tant sur le plan articulaire (ACR 20 et 50) que cutané (PASI90).

Personnalité haute en couleur et incontournable dès qu'il est question d'arthrite psoriasique, le Pr Philip Mease (University of Washington, Seattle) résume pour nous l'état actuel ainsi que les futurs développements pour la prise en charge de l'arthrite psoriasique tout en soulignant l'importance de disposer enfin d'un large éventail d'options pour personnaliser au mieux le traitement de cette pathologie complexe aux multiples ramifications.

L'extension de l'arsenal thérapeutique de l'arthrite psoriasique a connu, au cours de ces dernières années, une formidable et rapide extension permettant au rhumatologue de mieux personnaliser l'approche thérapeutique en fonction des particularités de chaque patient. Mais, ce choix peut parfois se révéler difficile d'où l'intérêt des études cliniques comparatives qui, avouons-le, demeurent une denrée bien rare d'où l'intérêt pour cette étude " head to head ", présentée dans le cadre des " Late Breaking Abstracts ", comparant adalimumab et ixékizumab chez le patient porteur d'une arthrite psoriasique non répondeurs à au moins un DMARD conventionnel.

Véritable vigie sanitaire pour les USA mais aussi pour le reste du monde, le Center for Disease Control ou CDC (le 1er cas suspect de VIH, c'est lui!), a profité de la CROI pour communiquer des données récentes permettant de dresser un instantané des tendances actuelles concernant l'évolution des résistances aux ARV au pays de l'oncle Sam.

L'édition 2019 de la CROI aura été le témoin privilégié d'une nouvelle accélération des stratégies d'allègement des traitements ARV avec la présentation des résultats, après 48 semaines de suivi, de l'étude de phase 3 ATLAS. Cette étude apporte, en effet, la preuve de la non infériorité de la combinaison injectable cabotégravir + rilpivirine à longue durée d'action par rapport à la classique trithérapie orale comme traitement de maintenance pour les patients vivant avec le VIH présentant une charge virale indétectable sous trithérapie de longue durée.

Seattle, où se déroulait la CROI cette année, est un véritable paradis de la fumette. Vraisemblablement gagnés par ce mode de vie très tolérant, les responsables scientifiques du congrès n'ont pas hésité à glisser au programme nombre d'études concernant les effets d'une consommation régulière de cannabis sur différents aspects de l'infection par le VIH. L'une des plus intéressantes concerne son effet bénéfique sur la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique souvent mise à mal par le virus lui-même.

Et de deux pour le tandem cabotégravir LA + rilpivirine LA en injectable décidément au coeur de toutes les attentions durant cette édition de la CROI. Après la démonstration de sa non infériorité vs trithérapie orale classique dans l'étude ATLAS en traitement de maintenance chez les patients expérimentés, voici l'étude FLAIR qui établit aussi la non infériorité du tandem injectable vs trithérapie orale classique, cette fois, chez les patients naïfs.

A partir de quel moment l'effet protecteur des ARV sur la transmission virale débute-t-il vraiment? La réponse à cette question cruciale n'est pas encore clairement établie. Selon une étude évaluant la décroissance de l'ARN virale au niveau des compartiments lymphoïdes et génitaux présentée à Seattle, la prudence reste de mise durant la première année de traitement. Patience et restez encore un peu couvert !

Alors que le recours à des stratégies d'allègement thérapeutique par 2DR en phase de maintenance est en forte croissance, on dispose de peu de données en conditions réelles quant au bien-fondé de ces stratégies, la plupart des données disponibles provenant de cohortes de petite envergure suivies durant un laps très limité. D'où l'intérêt de l'analyse des données de la cohorte prospective française DAT'AIDS présentée par Clothilde Allavena (Hôpital Hotel-Dieu, Nantes) basée sur le suivi de 3.484 patients ayant initié un 2DR de maintenance entre 2010 et 2017.

Afin de simplifier et accélérer le processus de mise sous PrEP, surtout pour les populations marginalisées et sans grands moyens financiers, les autorités sanitaires de la ville de New-York ont installé des dispensaires où la prescription de PrEP est instantanée après anamnèse, examen physique et test VIH rapide sans attendre les résultats d'examens sanguins plus approfondis concernant le statut HIV, hépatite B et/ou rénal.