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Pour leur étude, les auteurs ont utilisé une nouvelle méthodologie de modélisation appelée Global Exposure Mortality Model (GEMM). Ils ont ainsi réalisé une estimation de l'effet sur la mortalité provoquée par l'exposition à différentes sources de pollution atmosphérique, par rapport à l'effet d'autres facteurs de risque.Les chercheurs ont estimé qu'en 2015, le nombre de décès précoces dus à la pollution atmosphérique s'est élevé à 8,8 millions, ce qui correspond à une diminution de l'espérance de vie d'environ trois ans pour l'ensemble de la population mondiale. En comparaison, le tabagisme a réduit l'espérance de vie de 2,2 ans (7,2 millions de décès), le VIH/SIDA de 0,7 an (1 million de décès), les maladies telles que le paludisme de 0,6 an (600 000 décès) et toutes les formes de violence (y compris la guerre) de 0,3 an (530 000 décès).Si nous examinons l'impact de la pollution atmosphérique sur différentes catégories de maladies, il apparaît que les maladies cardiovasculaires (maladies cardiaques et maladies vasculaires cérébrales confondues) ont été à l'origine de la majeure partie de la diminution de la durée de vie due à la pollution atmosphérique, à savoir 43 %. En l'absence d'émissions de combustibles et carburants fossiles, l'espérance de vie mondiale augmenterait de 1,1 an. Si toutes les émissions potentiellement contrôlables générées par l'homme disparaissaient, elle augmenterait de 1,7 an.Les auteurs concluent que la pollution atmosphérique dans l'environnement est un des principaux risques mondiaux pour la santé, à l'origine d'une mortalité significativement excessive, en particulier à la suite de maladies cardiovasculaires.Source : Lelieveld J et al. Loss of life expectancy from air pollution compared to other risk factors: a worldwide perspective. Cardiovascular Research. Published 3 March 2020: https://doi.org/10.1093/cvr/cvaa025