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Fin décembre 2019, l'OMS a été informée par les autorités chinoises d'un épisode de cas groupés de pneumonies ayant tous un lien avec un marché aux fruits de mer de la ville de Wuhan. Le 9 janvier 2020, un nouveau représentant de la famille des coronarovirus, en l'occurrence le 2019-nCoV, a été identifié comme étant la cause de cet épisode. Rapidement, des mesures préventives drastiques ont été mises en place pour endiguer sa propagation.Bien que la plupart des infections par des coronavirus soient considérées comme bénignes, deux épidémies survenues au cours des deux dernières décennies ont changé la perception de ces infections, désormais considérées comme une menace réelle. Le SARS-CoV (Severe Acute Respiratory Syndrome coronavirus) et le MERS-CoV (Middle East Respiratory Syndrome coronavirus) ont été à l'origine de plus de 10 000 cas d'infections avec un taux de mortalité de 10% dans le premier cas et de 37% dans le second.L'apparition du 2019-nCoV inspire dès lors les plus vives craintes, les mutations potentielles du génome de ce virus étant un ingrédient de cette inquiétude.Alors que la Chine avait mis quatre mois à publier le génome du SARS, les informations génétiques du coronavirus 2019-nCoV ont cette fois aussitôt été partagées avec les chercheurs du monde entier. De plus, une étude publiée dans l'urgence par le Lancet a permis de dresser un portrait instantané de l'infection par le 2019-nCoV à partir des 41 premiers cas hospitalisés à Wuhan. Le diagnostic a été établi avec certitude par la PCR (Polymerase Chain Reaction) en temps réel et les techniques de séquençage de dernière génération. L'âge médian des patients a été estimé à 49 ans. La plupart (30 sur 41) sont de sexe masculin (73%). Vingt-sept (66 %) ont fréquenté le marché des fruits de mer de Wuhan. Dans près d'un tiers des cas (13 - 32%), il existait une maladie préexistante, notamment le diabète (8 - 20%), l'hypertension artérielle (6 - 15%) ou une de maladie cardiovasculaire (6 - 15%). Près d'un tiers également ont été admis aux soins intensifs (13 - 32%) et six (15%) sont morts.Les 41 patients ont eu une pneumonie avec des résultats anormaux au scanner thoracique. Le tableau clinique inaugural rappelle celui des infections provoquées par le SARS-CoV, à quelques nuances près. Les symptômes courants au début de la maladie sont la fièvre (40 - 98%), les quintes de toux (31 - 76%) et la myalgie ou la fatigue (18 - 44%), les symptômes plus rares étant la production d'expectorations (11 sur 39 - 28%), les céphalées (3 sur 38 - 8%, l'hémoptysie (2 sur 39 - 5%) et la diarrhée (1 sur 38 - 3%). La dyspnée s'est développée au cours de l'évolution de la maladie chez 22 sur 40 patients (55%), tandis qu'une lymphopénie a été constatée chez 26 sur 41 (63%). Variées, les complications comprennent aussi le syndrome de détresse respiratoire aiguë (12 - 29%), la détection d'ARN viral circulant (6 - 15 %), une atteinte cardiaque aiguë (5 - 12%) et une infection secondaire (4 - 10%).Enfin, des concentrations élevées de diverses cytokines ont été relevées dans le plasma de patients gravement malades infectés par le 2019-nCoV.(référence : The Lancet, 24 janvier 2020, doi : 10.1016/S0140-6736(20)30183-5)