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Dans cette étude, en partie observationnelle et en partie interventionnelle, les chercheurs ont analysé des échantillons de sang et de selles de 208 nourrissons. La partie observationnelle de l'étude a révélé une inflammation systémique et intestinale chez les nourrissons sans bifidobactéries ni gènes HMO, ou chez ceux chez qui ces bactéries ne se développent pas. Les investigateurs ont observé des fréquences augmentées de cellules immunitaires activées (Th2/Th17) et des niveaux réduits de cellules immunorégulatrices (Th1). La partie interventionnelle de l'étude incluait 60 nourrissons allaités par leur mère. Après la naissance, 29 d'entre eux ont reçu quotidiennement (du jour 7 au jour 28) 1,8 x 1010 UFC de B. longum subsp. infantis EVC001, tandis que les 31 autres nourrissons ne recevaient pas de suppléments. Les échantillons de matières fécales prélevés au jour 60 chez les nourrissons qui avaient reçu EVC001 présentaient des niveaux plus élevés de gènes HMO et une diversité alpha significativement plus importante. Les cytokines Th2 et Th17 intestinales étaient réduites, tandis que l'IFNβ était augmenté. L'eau fécale des nourrissons du groupe EVC001 polarisait aussi in vitro les lymphocytes T naïfs en un phénotype Th1, tandis que celle du groupe témoin les polarisait en un phénotype Th2 et Th17. Les auteurs affirment que ces données peuvent expliquer les résultats antérieurs, qui suggéraient que les nourrissons colonisés par des espèces de bifidobactéries à un stade précoce de leur vie avaient moins de risque de développer des maladies à médiation immunitaire. D'autres études randomisées, de plus grande envergure, sont cependant nécessaires pour confirmer le potentiel de la supplémentation en bifidobactéries. Source : Henrick BM, Rodriguez L, Lakshmikanth T, et al. Bifidobacteria-mediated immune system imprinting early in life. Cell. 2021 Jul 22;184(15):3884-3898.e11. doi: 10.1016/j.cell.2021.05.030. Epub 2021 Jun 17. PMID: 34 143 954.