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Dans cette étude de cohorte épidémiologique multirégionale, les investigateurs ont suivi des patients BPCO en ambulatoire pendant la période 2010-2017. L'usage de CSI était enregistré et catégorisé sur la base des prescriptions que les patients avaient remises durant l'année précédant leur inclusion dans l'étude de cohorte. Les patients BPCO qui n'avaient pas reçu de CSI servaient de groupe de référence. Au total, 21 408 patients ont été inclus dans l'étude, dont 763 (3,6 %) ont contracté une infection à P. aeruginosa pendant le suivi médian de 1026 jours. L'infection a été établie par des cultures positives d'échantillons des voies respiratoires inférieures. Le risque était 38 % plus élevé lorsque les patients avaient reçu une faible dose de CSI, définie comme une dose quotidienne inférieure à 400 μg d'équivalent budésonide (EB). L'effet semble dose-dépendant puisque les doses moyennes de CSI de 400-800 μg/j EB ont résulté en une augmentation du risque de Pseudomonas de l'ordre de 116 % et que les doses supérieures à 800 μg/j EB, en une augmentation de 258 %. Les auteurs concluent que l'usage de CSI chez les patients BPCO était associé, dans cette étude, à un risque notablement augmenté et dose-dépendant d'infection à P. aeruginosa. La prudence semble donc de mise lors de l'administration de fortes doses de CSI à des patients BPCO gravement malades. Ces résultats doivent toutefois être confirmés au sein de cohortes comparables dans d'autres contextes.Source :Eklöf J, Ingebrigtsen TS, Sørensen R, et al. Use of inhaled corticosteroids and risk of acquiring Pseudomonas aeruginosa in patients with chronic obstructive pulmonary disease. Thorax. 2021 Aug 26:thoraxjnl-2021-217160. doi: 10.1136/thoraxjnl-2021-217160. Epub ahead of print. PMID: 34446524.