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Un plaidoyer loin d'être inutile comme en témoigne le travail présenté lors de la réunion annuelle de l'European Respiratory Society (ERS 2019), par une équipe polonaise qui a fait le bilan de l'utilisation de ces agents par des asthmatiques adultes (18-64 ans) au cours de l'année 2018 en analysant les données de prescription de 5.600 pharmacies.Sur les 91.673 asthmatiques concernés, 5,7% recevaient un traitement par SABA uniquement, 6,5% recevaient des corticostéroïdes inhalés seuls (ICS), 7,9% des ß2-agonistes à action prolongée (LABA) et 80% une combinaison ICS/LABA. Des prescriptions concomitantes de SABA concernaient 100% des patients sous ICS et 40% des patients sous ICS/LABA. Il a été constaté une utilisation annuelle d'au moins 3 inhalateurs de SABA chez 29% des patients sous ICS et chez 37% des patients sous ICS/LABA. Des prescriptions annuelles d'au moins 12 inhalateurs de SABA ont été constatées chez 5,6% des patients. Les prescriptions de SABA émanaient principalement de généralistes (75% pour le groupe SABA uniquement, 60% pour le groupe ICS seuls et 59% pour le groupe ICS/LABA). Les pneumologues semblent avoir déjà compris le message d'une utilisation restreinte des SABA puisque pour les mêmes groupes de patients leur contribution aux prescriptions est respectivement de 5%, 13% et 19%.Il est connu que le recours fréquent aux SABA est associé à un risque accru d'exacerbations et de décès en relation avec l'asthme, mais l'histoire ne s'arrête pas làToujours lors de l'ERS 2019, en se servant de registres tenus avec toute la rigueur bien connue des scandinaves, une équipe suédoise a étudié l'association entre usage de SABA et mortalité toutes causes chez 365.324 patients asthmatiques âgés de 12 à 45 ans ayant eu au moins 2 prescriptions collectées sur une période de 12 mois consécutifs entre 2006 et 2014.Une consommation de plus de 2 inhalateurs de SABA (150 doses) au cours des 365 jours suivant l'inclusion (date de la seconde collecte) a été constatée chez 30% des patients (collecte annuelle de 3 à 5 inhalateurs 21%, de 6 à 10 7% et 11 ou plus 2%. Au total, 2 564 patients sont décédés au cours du suivi.Comme l'ont déjà montré plusieurs travaux, les patients utilisant ≥ 2inhalateurs SABA ont présenté plus d'exacerbations, mais ce que montre cette étude est que le nombre annuel d'inhalateurs SABA collectés est associé à un risque accru croissant de mortalité toutes cause par rapport aux patients en collectant au plus 2 par an, HR 1,26 (1,14-1,39) pour 3 à 5/an ; 1,67 (1,49-1,87) pour 6 à 10/an et (2,35 (2,02-2,72) pour ≥11/an après ajustement pour l'âge, le sexe, le stade GINA et l'indice de comorbidité de Charlson.D'après M Kupczyk et al. (#OA 2107) et C Janson et al. (#OA 2105). ERS 2019, Madrid 28 septembre-2 octobre.