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Les scientifiques ont examiné des échantillons post-mortem de poumons conservés dans une biobanque de tissus des voies respiratoires. Parmi les 52 personnes concernées ayant fait don de leur corps à la science, 15 n'avaient jamais souffert d'asthme déclaré, 21 présentaient de l'asthme mais sont décédées pour d'autres raisons et 16 sont mortes après des troubles de la respiration liées à l'asthme. Des colorants ont été utilisés pour aider à visualiser au microscope les structures de 1 373 voies respiratoires.Les chercheurs ont trouvé du tissu adipeux dans les parois des voies respiratoires. La graisse était particulièrement présente chez les patients présentant un indice de masse corporelle (IMC) élevé. Et la relation était proportionnelle. En d'autres termes, la quantité de graisse augmentait en fonction de l'IMC.Autre observation intéressante : il semblerait que cette augmentation de graisse altère la structure normale des voies respiratoires et provoque une inflammation des poumons."Nous pensons que l'accumulation de graisse dans les parois des voies respiratoires provoque un épaississement des bronches qui limite le flux d'air entrant et sortant des poumons, ce qui pourrait expliquer au moins partiellement une augmentation des symptômes de l'asthme," commente le Pr Peter Noble.La communauté scientifique savait déjà que le risque d'asthme était accru en cas de surpoids ou d'obésité mais n'avait jamais observé de graisse à l'intérieur des poumons de personnes malades. C'est en cela que la conclusion de cette étude est inédite.Les auteurs voudraient confirmer la relation entre les tissus adipeux et les maladies respiratoires et savoir s'il est possible que le phénomène puisse être inversé par une perte de poids.(référence : European Respiratory Society, 17 octobre 2019, doi : 10.1183/13993003.00857-2019)https://erj.ersjournals.com/content/early/2019/09/02/13993003.00857-2019