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Afin d'évaluer le lien entre le nombre d'années écoulées depuis le sevrage tabagique et les événements cardiovasculaires (infarctus du myocarde, AVC, insuffisance cardiaque ou mort cardiovasculaire), les chercheurs de l'Université Vanderbilt ont utilisé les données prospectives de la Framingham Heart Study. Cette étude longitudinale a commencé à inclure des hommes et des femmes à partir de 1948 et s'est prolongée sur leurs enfants et petits-enfants, ainsi que des cohortes multiethniques.Au total, 8 770 personnes (45% d'hommes) avec un âge moyen de 42,2 ans et exemptes à la base de maladie cardiovasculaire ont pris part à cette étude dont 3 805 de la cohorte d'origine (assistant à leur quatrième examen en 1954-1958) et 4 965 de la cohorte de la progéniture (assistant à leur premier examen en 1971-1975) avec un suivi jusqu'en décembre 2015.Parmi ces participants, 2 371 étaient considérés comme de gros fumeurs : consommation de plus d'un paquet par jour pendant au moins 20 ans. Durant un suivi moyen de 26 ans, 2 435 premiers événements cardiovasculaires ont été rapportés.Des résultats, il ressort que le risque de maladie cardiovasculaire chez les anciens gros fumeurs est significativement réduit (-39%) cinq ans après l'arrêt du tabac par rapport aux gros fumeurs qui n'ont pas arrêté. Cependant, comparativement aux personnes qui n'ont jamais allumé une cigarette, chez les anciens fumeurs, ce risque est resté significativement élevé entre 10 et 15 ans après l'arrêt du tabac dans la cohorte regroupée (5 à 10 ans dans la cohorte initiale et au moins 25 ans dans la cohorte de progénitures).Ainsi, si les bénéfices cardiovasculaires de l'arrêt du tabac se font sentir très rapidement, les risques supplémentaires de maladies cardiovasculaires mettent beaucoup plus de temps à disparaître complètement. De quoi inciter les gros fumeurs à cesser le tabac dès maintenant.(référence : JAMA, 20 août 2019, doi : 10.1001/jama.2019.10298)https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2748507