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Une étude de cas monocentrique (1), menée à l'hôpital Zhongnan de l'Université de Wuhan avec 138 patients (âge médian de 56 ans) hospitalisés entre le 1er janvier et le 28 janvier 2020 et suivis jusqu'au 3 février 2020, apporte de nouvelles précisions sur la transmissibilité - ici au sein de l'hôpital - et sur le taux de décès lié à l'infection, toujours en milieu hospitalier.L'analyse des données de ces patients révèle que 34% sont sortis de l'hôpital, après 10 jours en moyenne d'hospitalisation. La transmission au sein de l'hôpital est le mécanisme présumé d'infection chez 40 professionnels de santé et 17 des patients hospitalisés. Au 3 février 2020, six patients sont décédés ce qui suggère un taux de mortalité globale de 4,3%.Une autre recherche (2) s'inquiète du fait que des cas pourraient ne pas être détectés dans certains pays qui sont considérés à haut risque d'épidémie mais qui signalent moins de cas que la réalité, voire aucun. La possibilité de cas non déclarés est particulièrement préoccupante dans les pays où les systèmes de santé sont plus fragiles, comme ceux d'Asie du Sud-Est et d'Afrique, qui pourraient rapidement être submergés par une épidémie locale, selon les experts.Par ailleurs, alors que de nombreux états ont interdit ou considérablement restreint les voyages à destination et en provenance de Chine, des scientifiques américains ont procédé à une revue de la littérature (3) portant sur des virus tels qu'Ebola, le SRAS, le MERS ou Zika. Ils concluent qu'il existe très peu de preuves suggérant qu'une interdiction de voyager, mesure ayant des énormes impacts sociaux, économiques et politiques, élimine le risque que la maladie traverse les frontières à long terme. Des recherches supplémentaires sont nécessaires.Enfin une étude (4) du MIT (Massachusetts Institute of Technologie) démontre l'étroite corrélation entre un lavage des mains dans les règles de l'art dans les aéroports et le contrôle d'une épidémie : si 60% des voyageurs avaient les mains exemptes de germes, la propagation mondiale de l'épidémie serait en effet ralentie de 70% !(références :(1) JAMA, 7 février 2020, doi : 10.1001/jama.2020.1585,(2) Nature, 13 février 2020, doi : 10.1038/d41586-020-00405-w,(3) Journal of Emergency Management, février 2020, doi : 10.5055/jem.2020.0446,(4) Risk Analysis, 23 décembre 2019, doi : 10.1111/risa.13438)