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Au travers d'analyses épidémiologiques, d'expériences de laboratoire et d'outils métagénomiques et métabolomiques de pointe, une équipe de recherche de l'Université de Genève a observé que l'exposition à des températures ambiantes élevées augmente la solidité des os, tout en empêchant la perte de densité osseuse typique de l'ostéoporose.Le constat a d'abord été établi sur des souris nouveau-nées placée à une température de 34° C, afin de minimiser le choc thermique lié à leur naissance. "Nous avons remarqué qu'elles avaient des os plus longs et plus solides, ce qui confirme que la croissance osseuse est affectée par la température ambiante", explique le Pr Mirko Trajkovski.En plaçant plusieurs groupes de souris adultes également dans un environnement chaud, les scientifiques ont observé que si la taille des os restait inchangée, leur solidité et leur densité étaient, elles, nettement améliorées. L'expérience a été reconduite avec des souris après une ovariectomie, afin de modéliser l'ostéoporose post-ménopausique.Qu'en est-il chez l'être humain ? Les scientifiques ont analysé les données épidémiologiques mondiales sur l'incidence de l'ostéoporose en fonction de la température moyenne, de la latitude, de la consommation de calcium et des taux de vitamine D. Résultat ? Plus la température est élevée, moins il y a de fractures de la hanche, une des principales conséquences de l'ostéoporose, et ce, indépendamment des autres facteurs considérés.Pour l'équipe genevoise, le microbiote intestinal aurait son rôle à jouer. Pour le prouver, le microbiote de souris vivant dans un environnement chaud (à 34°C) a été transplanté à des souris ostéoporotiques. Et là, la qualité osseuse de ces dernières s'est rapidement améliorée.Selon les auteurs, lorsque le microbiote est adapté à la chaleur, la quantité de polyamines augmente. Il s'agit de molécules qui jouent un rôle dans le vieillissement, et particulièrement dans la solidité des os. "Avec la chaleur, la synthèse des polyamines augmente," explique Claire Chevalier.Toutes ces données indiquent que l'exposition à la chaleur pourrait constituer une stratégie novatrice pour prévenir et traiter l'ostéoporose. Premier objectif : identifier les bactéries du microbiote jouant un rôle dans la prévention de la maladie osseuse.(référence : Cell Metabolism, 10 septembre 2020, doi : 10.1016/j.cmet.2020.08.012)