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Des chercheurs californiens et barcelonais ont analysé les données de 1 301 enfants âgés de 6 à 11 ans, ainsi que celles de leurs mères, dans six pays européens (France, Grèce, Lituanie, Norvège, Espagne et Royaume-Uni).Contrairement à de précédents travaux qui s'étaient concentrés sur un ou deux facteurs obésogènes environnementaux, ils ont utilisé les données pour évaluer l'exposition des enfants à 77 facteurs environnementaux in utero, et 96 au cours de l'enfance, entre autres les polluants de l'air intérieur et extérieur, le bâti environnemental, les espaces verts, le tabagisme et les biomarqueurs de polluants chimiques (polluants organiques persistants, métaux, phtalates, phénols et pesticides). Pour chaque enfant, l'indice de masse corporelle (IMC), le tour de taille, l'épaisseur du pli cutané ou encore la masse graisseuse ont été relevés. Des échantillons sanguins et urinaires ont aussi été prélevés auprès de femmes enceintes et des jeunes enfants.Les auteurs relèvent que la prévalence du surpoids et de l'obésité est de 29% pour l'ensemble de la population étudiée, avec des pourcentages plus élevés pour les cohortes d'Espagne (43%) et de Grèce (37%). Le tabagisme maternel est la seule variable d'exposition prénatale associée à un IMC plus élevé chez l'enfant. Pour les expositions infantiles, la pollution de l'air intérieure et extérieure (particules fines PM2,5 et PM10 et dioxyde d'azote), le tabagisme passif pendant l'enfance et ainsi que certaines caractéristiques du bâti comme la densité de population ou encore le manque d'équipements (commerces et établissements éducatifs) accessibles à pied sont associés à un IMC plus élevé chez l'enfant.Ces résultats fournissent une preuve supplémentaire que la modification des expositions environnementales au début de la vie, en particulier l'arrêt du tabagisme des parents, peut limiter le risque d'obésité et de complications associées.(référence : Environmental Health Perspectives, 24 juin 2020, doi : 10.1289/EHP5975)