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Des chercheurs américains ont mené une première étude afin de faire la lumière sur une possible association entre l'hystérectomie et la santé mentale des femmes.Ils ont examiné les dossiers de 2 094 femmes, âgées d'au moins 18 ans, ayant subi une ablation de l'utérus entre 1980 et 2002, sans retrait des ovaires, pour des indications bénignes. Seuls les nouveaux diagnostics de dépression, d'anxiété, de démence, de consommation de drogues et de schizophrénie après une hystérectomie ont été considérés. Après un suivi médian de 21,9 ans, les auteurs ont constaté une augmentation du risque absolu de 6,6% pour la dépression et de 4,7% pour l'anxiété par rapport aux femmes de référence du même âge (sans hystérectomie, ni ovariectomie). Chez les femmes ayant subi une hystérectomie entre 18 et 35 ans, le risque absolu de dépression était plus élevé.Une deuxième étude a porté sur les dossiers médicaux de 1 653 femmes pré-ménopausées, ayant subi entre 1988 et 2007 une ovariectomie, sans signe de malignité, en général pour éviter ou minimiser le risque de cancer des ovaires ou du sein. Elle a révélé que ces femmes étaient plus susceptibles de présenter des troubles de l'humeur préexistants, des troubles anxieux ou des troubles somatoformes."Nous pouvons affirmer que des troubles psychologiques peuvent avoir joué un rôle important dans la prise de décision concernant une hystérectomie, avec ou sans ablation des ovaires", explique le neurologue Walter Rocca. "Pour développer des stratégies plus conservatrices à l'avenir, il est important de comprendre ces troubles." (référence : Menopause, 30 août 2019, doi : 10.1097/GME.0000000000001415, et 10.1097/GME.0000000000001413)