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Partant du constat que la maladie de Parkinson commence souvent à se manifester par des symptômes moteurs et non moteurs, qui peuvent être précédés de plus d'une décennie par des troubles de l'humeur, une équipe portugaise s'est demandé si la maladie neurodégénérative pouvait être associée à des troubles bipolaires présents plus tôt au cours de la vie. Caractérisés par des alternances d'épisodes maniaques et dépressifs, ces troubles bipolaires ont en effet été corrélés à des anomalies de production de la dopamine dans plusieurs études, comme c'est le cas pour la maladie de Parkinson.Les chercheurs ont procédé à une revue systématique de la littérature et retenu sept études portant sur l'association entre la maladie de Parkinson et les troubles bipolaires. Elles incluent 4 374 211 participants au total. Au terme de cette méta-analyse ils constatent que le risque de développer la maladie de Parkinson idiopathique est plus de trois fois plus élevé chez les patients qui présentent des troubles bipolaires, le surrisque variant entre 3 et 5 en fonction des études analysées. Cette association s'est maintenue en écartant les études à haut risque de biais.Par ailleurs, dans une étude comparant l'utilisation de lithium à celle d'antidépresseurs dans les troubles bipolaires, il apparaît que suivre un traitement à base de lithium, pris isolément, est associé à un surrisque (1.68 fois plus élevé en moyenne) de développer la maladie de Parkinson ou de recourir à un médicament antiparkinsonien chez des patients n'ayant pas présenté de symptômes parkinsoniens au cours des cinq dernières années, par rapport à des patients souffrant de dépression unipolaire sous antidépresseurs, même si ce dernier groupe est connu pour avoir un risque accru de la maladie de Parkinson.Compte tenu des résultats obtenus, les auteurs recommandent que les patients atteints de troubles bipolaires subissent un diagnostic de la maladie de Parkinson, indépendamment de la prise concomitante de leur traitement médicamenteux.(référence : JAMA Neurology, 14 octobre 2019, doi : 10.1001/jamaneurol.2019.3446)https://jamanetwork.com/journals/jamaneurology/fullarticle/2752486