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Appelée REST-IT (Reducing Suicidal Ideation Through Insomnia Treatment), cette étude porte sur une récente expérience contrôlée randomisée non croisée, en double aveugle.Les chercheurs américains ont recruté 103 participants (64 femmes et 39 hommes) âgés de 18 à 65 ans souffrant de troubles dépressifs majeurs, d'insomnie et de pensées suicidaires et ne prenant pas de médicaments. Parmi eux, 30% avaient déjà fait une tentative de suicide, mais les personnes ayant un plan de suicide actif et imminent ont été exclues pour des raisons de sécurité.Pendant huit semaines, les participants ont pris un antidépresseur, un inhibiteur de la recapture de la sérotonine. Une moitié d'entre eux s'est aussi vu prescrire du zolpidem à libération contrôlée, un sédatif hypnotique puissant, au moment du coucher, l'autre moitié un placebo. Ni les patients ni les chercheurs ne savaient quel groupe recevait le traitement ou le placebo.Durant la durée de l'expérience, les volontaires ont dû remplir des auto-rapports évaluant la gravité de leur insomnie. La qualité de leur sommeil et la sévérité de leur dépression ont été suivies tout au long de l'expérience mais la principale préoccupation des chercheurs a porté sur les pensées suicidaires des participants. Elles ont été mesurées via deux échelles standardisées.À l'issue des huit semaines, les chercheurs constatent que les participants ayant pris le somnifère en complément de leur traitement contre la dépression montraient une amélioration à la fois immédiate et à long terme de leur insomnie, en particulier ceux qui présentaient les symptômes d'insomnie les plus graves. L'échelle Columbia d'évaluation de la gravité du suicide (C-SSRS ou Columbia-Suicide Severity Rating Scale) fait état d'un effet thérapeutique significatif du zolpidem à libération contrôlée. L'avantage de l'hypnotique dans la réduction des pensées suicidaires est davantage marqué chez les patients présentant une insomnie plus sévère.A noter qu'il n'y a eu ni décès ni tentative de suicide chez les participants au cours de l'étude.Les auteurs s'accordent sur l'utilité d'une co-prescription d'un antidépresseur et d'un hypnotique en début de thérapie chez les patients ambulatoires suicidaires, en particulier ceux qui souffrent d'insomnie sévère.(référence : The American Journal of Psychiatry, 20 septembre 2019, doi : 10.1176/appi.ajp.2019.19030267)https://ajp.psychiatryonline.org/doi/10.1176/appi.ajp.2019.19030267