...

Le neuropathologiste William Stewart et ses collègues ont comparé les dossiers médicaux de 7 676 anciens footballeurs professionnels nés entre 1900 et 1976 en Écosse à ceux de 23 028 témoins de la population générale appariés aux joueurs sur la base du sexe, de l'âge et du niveau d'exclusion sociale. Les causes de la mort ont été déterminées à partir des actes de décès.Sur une durée médiane de 18 ans, 1 180 anciens joueurs de football (15,4%) et 3 807 témoins (16,5%) sont décédés. Commandée par la fédération anglaise de football, l'étude montre que les anciens footballeurs professionnels ont trois fois et demie plus de risques de mourir d'une maladie neurodégénérative : chez eux, la mortalité par maladie neurodégénérative citée comme cause principale est de 1,7% vs 0,5% chez les témoins. L'analyse révèle aussi que la mortalité par maladie neurodégénérative, répertoriée comme cause principale ou contributive dans le certificat de décès, varie selon les différents sous-types de maladie. Chez les anciens footballeurs professionnels, quand il s'agit de la maladie d'Alzheimer, elle est cinq fois plus élevée par rapport au reste de la population, environ quatre fois plus pour une maladie du motoneurone et deux fois plus pour la maladie de Parkinson.En revanche, les ex-joueurs professionnels ont moins de risques de mourir d'autres maladies communes, comme par exemple les cardiopathies ischémiques ou certains cancers, notamment celui des poumons. Enfin, cette recherche met également en évidence une sous-mortalité des anciens footballeurs jusqu'à 70 ans, mais une surmortalité par la suite. Ces résultats soulèvent de nombreuses interrogations notamment concernant les causes du risque accru de décès par maladie neurodégénérative chez les anciens footballeurs professionnels. Dans un communiqué, la fédération anglaise de football insiste sur le fait que "l'étude ne détermine pas si la cause est due aux chocs subis par les joueurs, à la gestion des commotions, au jeu de tête, au style de jeu, au mode de vie personnel ou tout autre facteur."(références : The New England Journal of Medicine, 21 octobre 2019, DOI : 10.1056/NEJMoa1908483, et News Release of the Football Association, 21 octobre 2019)