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Une étude de cohorte menée depuis 1991 sur plus de 3000 familles de la région de Bristol apporte la confirmation que les pères (près d'un sur 20) sont eux aussi sujets au baby blues.L'équipe de recherche a également suivi l'évolution de la santé mentale des enfants jusqu'à l'âge de 18 ans, période à laquelle ces derniers ont répondu à un questionnaire pour décrire une éventuelle dépression. Au total, 3176 "couples" père-enfant ont été impliqués. L'âge moyen des pères à l'accouchement était de 29,6 ans et, parmi les enfants, 1764 étaient des filles. Pour la première fois, les scientifiques ont remarqué que les filles dont les pères avaient souffert de dépression après leur naissance étaient elles-mêmes plus à risque d'expérimenter elles aussi une dépression à l'âge de 18 ans.Selon les auteurs, une des raisons de cet effet "de transfert" pourrait être que la dépression post-natale des pères peut aggraver celle des mères, créer des tensions et des conflits dans la famille, avec des niveaux de stress plus élevés pour tous les membres. Il se peut également que la dépression post-partum d'un ou des deux parents affecte la manière dont ces derniers interagissent avec leurs enfants.Enfin les chercheurs ont constaté que les fils ne sont pas concernés par ce phénomène. La complexité de la relation des filles avec leur père à l'adolescence pourrait être une explication.(référence : JAMA Psychiatry, 26 décembre 2018, doi : 10.1001/jamapsychiatry.2018.3667)https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/article-abstract/2719453