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Plus de cent chercheurs américains et britanniques ont comparé l'ADN de 16 992 personnes atteintes d'anorexie, et de 55 525 personnes en bonne santé, qui ont servi de témoins. Les individus provenaient de 17 pays d'Amérique du Nord, d'Europe et d'Océanie.Les scientifiques ont identifié huit loci significatifs. Par ailleurs, si la base génétique de cette maladie se confond avec d'autres désordres psychiatriques comme le trouble obsessionnel-compulsif, la dépression, l'anxiété et la schizophrénie, elle montre aussi des corrélations avec les traits métaboliques (notamment glycémiques), lipidiques et anthropométriques, le tout indépendamment des effets de variantes communes associées à l'indice de masse corporelle. Autrement dit, l'anorexie aurait aussi une origine métabolique, ce qui pourrait permettre de comprendre pourquoi il est si difficile d'en guérir.Enfin, les facteurs génétiques associés à l'anorexie mentale influent également sur l'activité physique, ce qui pourrait expliquer pourquoi de nombreux anorexiques sont si actifs.Sur la base de ces résultats, les auteurs suggèrent que l'on considère l'anorexie davantage comme un trouble hybride "métabolico-psychiatrique" et donc que les cliniciens prennent en compte les facteurs de risque métaboliques tout autant que les facteurs psychologiques lors de la recherche de nouvelles thérapies pour venir à bout de cette maladie parfois mortelle.(référence : Nature Genetics, 15 juillet 2019, DOI : 10.1038/s41588-019-0439-2)