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La santé des populations est logiquement très affectée dans les pays en proie à un conflit. Toutefois, les données concernant la prévalence des maladies mentales dataient de plus de dix ans et, depuis lors, de nouvelles méthodes existent pour collecter ces données.Raison pour laquelle des experts de l'OMS ont mené une large méta-analyse de 129 études. Ils ont utilisé des informations publiées depuis près de 30 ans - de 1980 à août 2017 - provenant de 39 pays, et des données des zones où les conflits n'ont pas disparu ces 10 dernières années. Parmi eux figurent l'Afghanistan, l'Irak, le Nigeria, la Somalie, le Sud-Soudan, la Syrie et le Yémen. Les auteurs ont évalué la prévalence de la dépression, des troubles anxieux, du syndrome de stress post-traumatique, du désordre bipolaire et de la schizophrénie.Principal constat : 22,1 % des habitants des zones de conflit souffrent d'une forme de ces cinq troubles mentaux à tout moment du conflit. Dans le détail, la prévalence moyenne ajustée en fonction de la comorbidité et normalisée selon l'âge est de 13% pour les troubles légers de la santé mentale, de 4% pour les troubles d'intensité modérée et de 5,1% pour les troubles graves.Ces pourcentages sont significativement plus élevés par rapport à la prévalence de ces maladies dans la population générale. En effet, hors zones de conflit, ils concernent une personne sur 14.Ajoutons que la dépression et l'anxiété semblent s'aggraver avec l'avancée en âge dans les zones de guerre et que la dépression est plus fréquemment rapportée chez les femmes."Ces nouvelles estimations soulignent la nécessité d'investir de manière immédiate et soutenue en vue d'apporter un support mental et psychosocial à toutes les personnes vivant dans les zones de conflits et après la guerre", souligne le Dr Mark van Ommeren de l'OMS.(référence : The Lancet, 11 juin 2019, DOI : 10.1016/S0140-6736(19)30934-1)https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)30934-1/fulltext