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Près de dix millions de nouveaux cas de démence, dont la maladie d'Alzheimer, sont dénombrés chaque année dans le monde, selon l'OMS, et les troubles du sommeil en sont un symptôme courant. Cependant, de plus en plus de données de recherche suggèrent que les habitudes de sommeil, avant l'apparition de la démence, sont aussi susceptibles de contribuer au développement de la maladie.La chercheuse de l'Inserm Séverine Sabia et ses collègues ont analysé les données de santé de 7959 participants britanniques de l'étude Whitehall II suivis depuis 1985. Ces derniers ont évalué eux-mêmes la durée de leur sommeil à six reprises entre 1985 et 2016, ce qui a permis d'obtenir des données sur la durée de leur sommeil à 50, 60, et 70 ans. Et, en 2012-2013, environ 3 900 d'entre eux ont également porté un accéléromètre, qui capte les mouvements pendant la nuit, afin de vérifier la précision de leurs estimations.Alors que 521 cas de démence ont été diagnostiqués durant la période de suivi, les conclusions révèlent un risque plus élevé de démence chez les personnes dont la durée du sommeil est inférieure ou égale à six heures par nuit à l'âge de 50 ou 60 ans par rapport à celles qui ont des nuits "normales" de sept heures. Les chercheurs ont également observé un risque accru de démence de 30%, chez les personnes âgées de 50 à 70 ans présentant systématiquement une durée de sommeil courte, indépendamment des facteurs sociodémographiques, comportementaux, cardiométaboliques et de santé mentale. Ces travaux suggèrent l'existence d'un lien entre une courte durée de sommeil en milieu de vie et un risque accru de démence à mesure que les gens vieillissent, sans pour autant permettre d'affirmer une relation de cause à effet,Les auteurs considèrent que des recherches futures pourraient être en mesure de déterminer si l'amélioration des habitudes de sommeil peut aider à prévenir la démence.(référence : Nature Communications, 20 avril 2021, 10.1038/s41467-021-22354-2)