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Pourquoi certaines personnes souffrent-elles de maladies chroniques précoces et meurent-elles avant 60 ans, tandis que d'autres affichent une longévité exceptionnelle et restent en bonne santé jusqu'à la fin de leur vie ? C'est la question à laquelle ont voulu répondre des chercheurs de l'Université d'Édimbourg et de l'Institut Max-Planck.Les scientifiques ont analysé les données d'un échantillon extrêmement large (1,75 million de personnes dont 60 000 ayant atteint un âge inhabituellement avancé), issues de bases de données accessibles au public. Ils se sont intéressés en particulier à trois phénotypes liés au vieillissement biologique : les années vécues en bonne santé, le nombre total d'années vécues (durée de vie) et la survie jusqu'à un âge avancé (longévité).Ils ont ainsi identifié dix loci influençant la valeur de ces trois variables, dont cinq n'ont pas été signalés auparavant comme significatifs à l'échelle du génome. La majorité de ces loci sont associés à des maladies cardiovasculaires et certains affectent l'expression de gènes connus pour modifier leur activité avec l'âge. Au total 78 gènes sont impliqués.Ils ont également constaté que les ensembles de gènes impliqués dans le métabolisme du fer dans le sang étaient surreprésentés dans leur analyse des trois mesures liées au vieillissement. Un constat confirmé en utilisant une méthode statistique - la randomisation mendélienne - qui a montré que les gènes concernés sont en partie responsables d'une longue vie en bonne santé."Ces résultats enthousiasmants suggèrent que des niveaux élevés de fer dans le sang réduisent nos années de vie en bonne santé, et que le maintien de ces niveaux sous contrôle pourrait prévenir les dommages liés à l'âge," avance le Dr Paul Timmers.Les auteurs espèrent que leurs résultats favoriseront la conception d'un médicament imitant l'influence de la variation génétique sur le métabolisme du fer et permettront ainsi de surmonter certains des effets du vieillissement, de réduire les maladies liées à l'âge, de prolonger les années de vie en bonne santé et d'augmenter les chances de vivre jusqu'à un âge avancé.(référence : Nature Communications, 16 juillet 2020, doi :10.1038/s41467-020-17312-3)