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"Des études antérieures nous ont appris que la durée du sommeil est associée à la mortalité, mais on savait peu de choses sur la façon dont les différents stades du sommeil sont liés au moment ou à la cause du décès", explique Eileen B. Leary, auteure principale de l'étude.Pour déterminer cela, la chercheuse et son équipe de l'Université de Stanford ont analysé les cycles du sommeil de 2 675 hommes (âge médian de 76,3 ans). Ils avaient intégré de décembre 2003 à mars 2005 une expérience sur les troubles du sommeil menée sur 12,1 ans. Dans un premier temps, les nuits des participants étaient examinées à la maison puis à nouveau sur quatre jours sous surveillance scientifique. Les chercheurs ont aussi scruté les dossiers de 1 375 hommes et femmes (âge médian de 51,5 ans) originaires du Wisconsin. Ils avaient rejoint une étude réalisée sur 20,8 ans et ayant pour objet l'impact des troubles du sommeil, et plus particulièrement l'apnée du sommeil, sur la santé. Ils étaient suivis tous les 4 ans. L'analyse a commencé en mai 2018 et s'est terminée en décembre 2019. Le sommeil paradoxal (REM pour Rapid Eye Movement), phase de sommeil au cours de laquelle se forment les rêves et cauchemars, a été identifié comme le stade de sommeil le plus important pour prédire la mortalité toutes causes confondues.Pour chaque perte de 5% de sommeil paradoxal, les hommes de la première cohorte ont un taux de mortalité supérieur de 13% après ajustement pour plusieurs covariables démographiques, de sommeil et de santé. Les résultats sont similaires pour les causes cardiovasculaires et autres causes de décès et ils ont été reproduits avec les participants de la deuxième cohorte."Le sommeil paradoxal semble être un prédicteur fiable de la mortalité et peut avoir d'autres valeurs de santé prédictives," commente Eileen B. Leary. "Les stratégies pour préserver le sommeil paradoxal peuvent influencer les thérapies cliniques et réduire le risque de mortalité, en particulier pour les adultes avec <15% de REM. Cependant, davantage de recherches sont nécessaires pour mieux comprendre la relation."(référence : Jama Neurology, 6 juillet 2020, doi : 10.1001/jamaneurol.2020.2108)