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Après une césarienne, séparer le nourrisson de ses parents fait partie de la prise en charge de routine dans le monde entier, ce qui est loin d'être l'idéal pour un enfant qui vient au monde. Il ne reçoit pas le réconfort de sa mère alors que de nombreuses études ont déjà mis en avant, les multiples bénéfices d'un contact peau à peau entre les mères et les nouveau-nés immédiatement après la naissance. Mais qu'en est-il d'un tel contact avec le père ?Des chercheurs de l'institut Karolinska en Suède ont examiné trois modèles de soins sur l'état d'éveil et les paramètres physiologiques provenant de 95 nourrissons (53% de filles), nés à terme (âge gestationnel moyen de 38,9 semaines) après une césarienne élective, dans un hôpital public chilien, entre 2009 et 2012.Les nouveau-nés ont été randomisés en trois groupes : dans le premier, ils ont été mis dans un lit après la naissance, dans le second, ils ont été placés dans les bras de leur père tandis que ceux du troisième groupe ont pu bénéficier d'un contact peau à peau avec leur père. Ils ont été évalués à des intervalles de 15 minutes, de 45 à 120 minutes après la césarienne. Leurs paramètres physiologiques ont été mesurés et leur état de veille a été évalué à l'aide de l'échelle d'évaluation du comportement néonatal.L'analyse montre en particulier que les fréquences cardiaques du bébé sont plus élevées et plus stables au fil du temps dans le groupe peau à peau que dans les deux autres groupes. L'éveil est quant à lui initialement plus élevé dans le groupe peau à peau, mais il n'y a pas de différences significatives en fin d'observation. En ce qui concerne la saturation périphérique en oxygène, aucune différence n'a été relevée entre les groupes. Enfin, le contact peau à peau n'a eu aucun impact négatif sur les nourrissons.En résumé, les bébés mis en peau à peau avec leur père semblent bénéficier de certains avantages, avec des paramètres physiologiques stables et un état de veille plus élevé. Les auteurs pensent que cette approche devrait être généralisée en cas séparation mère-enfant.(référence : Acta Paediatrica, 5 janvier 2021, doi : 10.1111/apa.15685)