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Qualifiée d'"infodémie" par l'OMS, la vague de fausses informations qui se propagent aussi rapidement que le coronavirus lui-même, a des conséquences funestes, ce qui a amené une équipe internationale a examiné de plus près les rumeurs, les discours stigmatisants et les théories du complot liées à la Covid-19 circulant sur les plateformes en ligne, y compris les sites Web des agences de vérification des faits, Facebook, Twitter et les journaux en ligne, ainsi que leurs impacts sur la santé publique.Les informations ont été extraites entre le 31 décembre 2019 et le 5 avril 2020 et analysées de manière descriptive. A titre de comparaison, les scientifiques ont également effectué une analyse du contenu des articles de presse.Au total, 2311 récits typiques de l'infodémie ont été identifiés. Ces publications ont circulé dans 25 langues différentes et 87 pays. Les thématiques touchaient majoritairement à la maladie, son mode de transmission et la mortalité (24%) aux mesures de contrôle (21%), au traitement et à la guérison (19%), à la cause de la maladie, y compris l'origine (15%), à la violence (1%) et divers (20 %). Sur les 2 276 publications pour lesquelles des évaluations textuelles étaient disponibles, 1 856 affirmations étaient fausses (82%).L'analyse a notamment révélé qu'environ 800 personnes sont décédées dans le monde, surtout en Iran, au cours des trois premiers mois de l'année, après avoir bu de l'alcool très concentré dans l'espoir de désinfecter leur corps, tandis que quelque 5 900 citoyens ont été hospitalisés après avoir ingurgité du méthanol, 60 d'entre eux ayant ensuite perdu la vue.De fausses informations ont poussé un certain nombre de personnes à boire de l'urine de vache ou à manger de la bouse, boire de l'urine de chameau avec de la chaux, ingurgiter de l'eau de Javel, consommer de l'ail, porter des chaussettes chaudes et répandre de la graisse d'oie sur leur poitrine, afin de contrer le virus.L'étude a encore mis en lumière le fait que certains citoyens et travailleurs de la santé asiatiques ont été régulièrement stigmatisés et confrontés à des violences verbales et physiques.Enfin, les théories du complot ont aussi été scrutées, comme l'idée que le coronavirus est une arme biologique financée par Bill Gates pour accroître les ventes de vaccins et utiliser ces derniers en vue d'implanter des micropuces chez les humains."La désinformation alimentée par les rumeurs, la stigmatisation et les théories du complot peut avoir des implications potentiellement graves sur l'individu et la communauté si elle est prise en compte au détriment des recommandations fondées sur des preuves," énoncent les auteurs. (référence : The American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, 10 août 2020, doi : 10.4269/ajtmh.20-0812)