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Dans les pays à revenu élevé, la dépression est associée à l'incidence des maladies cardiovasculaires et du cancer et aux décès prématurés dus à ces pathologies, mais on ignore si cela se vérifie aussi dans les pays à revenu faible et intermédiaire et dans les zones urbaines, où vivent désormais la plupart des personnes atteintes de dépression.Afin d'en savoir davantage, entre janvier 2005 et juin 2019 (suivi médian de 9,3 ans), une équipe de l'Université Simon Fraser a suivi 145 862 patients, âgés de 35 à 70 ans lors de l'enrôlement dans l'étude, à travers 21 pays à la santé économique très variable de cinq continents. Les participants provenaient de 370 communautés urbaines et 314 communautés rurales. L'analyse a commencé en février 2018 et s'est terminée en septembre 2019.Alors que 11% des participants (15 983) ont signalé au moins quatre symptômes dépressifs, les chercheurs observent que le risque de problèmes cardiovasculaires et de décès augmente de près de 20% chez les personnes ayant déclaré quatre symptômes dépressifs ou plus par rapport à celles qui n'en ont pas. Autres constats : ce risque est au moins deux fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes et deux fois plus important dans les zones urbaines comparées aux zones rurales. "Un point important car la majorité de la population mondiale vivra en ville d'ici à 2050," commente le Pr Scott Lear, principal auteur de l'étude. Le danger est tel que la dépression constitue un facteur de risque cardiovasculaire aussi important que le tabagisme, l'hypertension et l'hypercholestérolémie. Pour les auteurs, leurs résultats, similaires dans des pays avec des niveaux économiques très différents, arrivent au bon moment car les experts anticipent une hausse du nombre de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale à la suite de la pandémie de Covid-19. (référence : JAMA Psychiatry, 10 juin 2020, doi: 10.1001/jamapsychiatry.2020.1351)