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Afin de déterminer l'évolution de l'incidence de la démence toutes causes, selon l'âge et le sexe, entre 1988 et 2015, des chercheurs de Harvard ont analysé les données de sept grandes études de cohorte comprenant au total 49 202 individus de plus de 65 ans issus de six pays différents (États-Unis, France, Royaume-Uni, Pays-Bas, Suède et Islande).La démence dont la maladie d'Alzheimer est la forme la plus fréquente figure dans 4 253 dossiers médicaux, soit 8,6 % de l'ensemble. Le taux d'incidence augmente avec l'âge, tant pour les hommes que pour les femmes. Ainsi, parmi les 65-69 ans, on compte 4 cas de démence pour 1 000 personnes-années, contre 65 cas pour 1 000 personnes-années parmi les 85-89 ans. En Europe et aux États-Unis, le taux d'incidence de la démence recule de 13% par décennie, de manière constante dans toutes les études, cette diminution étant plus prononcée chez les hommes que chez les femmes : 24%, contre 8%."En 1995, un homme de 75 ans avait 25% de chance de développer une démence durant le temps qui lui restait à vivre. Maintenant, le risque de ce même homme est de 18%", précise au New York Times le Dr Albert Hofman, un des auteurs de l'étude.Si cette tendance se poursuit au même rythme (-13% chaque décennie) en Europe et aux États-Unis, d'ici 2040 il devrait y avoir 15 millions de personnes en moins atteintes de démence dans les pays à revenus élevés, et jusqu'à 60 millions de cas en moins si la même réduction pouvait se produire partout dans le monde.Toutefois la tendance à la baisse n'a pas été observée en Asie, en Amérique du Sud ou encore, d'après des données limitées, en Afrique. Il y a eu aussi des rapports faisant état d'une augmentation des taux de démence au Japon, en Chine et au Nigéria, soulignent les chercheurs.Ces derniers s'interrogent par ailleurs sur les raisons de la baisse du nombre de nouveaux cas en Europe et aux États-Unis. Ils avancent plusieurs hypothèses, principalement une meilleure maîtrise des facteurs de risque cardiovasculaire, en particulier la pression artérielle et le cholestérol, et un niveau d'éducation plus élevé, qui aurait un effet protecteur en donnant au cerveau plus de capacité.Les auteurs considèrent enfin qu'il est nécessaire de mener de nouvelles études afin de mieux cerner les causes du déclin de la démence.(référence : Neurology, 4 août 2020, doi : 10.1212/WNL.0000000000010022)