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Distanciation physique, lavage des mains, équipements de protection individuelles... il est essentiel d'appliquer les gestes barrières pour limiter la propagation du coronavirus et venir à bout de l'épidémie. Obligatoire aujourd'hui dans de nombreux pays, le port de masques faciaux adéquats, à condition qu'ils soient bien portés, autrement dit avec une dissimulation de la bouche et du nez, est également recommandé par les professionnels et organisations de la santé pour se protéger et protéger son entourage. A juste titre selon une étude de l'Université de Singapour.Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont analysé pléthore d'études sur les différents masques faciaux utilisés en public ainsi que des enquêtes sur les matériaux utilisés, les techniques de fabrication, et d'autres problèmes affectant leur fonctionnement. L'accent a été mis sur les études théoriques des mécanismes de circulation des fluides impliqués dans la prévention des particules chargées de virus par l'utilisation de masques. L'objectif ? Savoir si les masques réduisent bel et bien le nombre de personnes auxquelles une personne infectée transmet le pathogène (soit le taux de reproduction du virus).Selon les chercheurs, outre le type de matériau et la durée d'utilisation, un aspect clé de la fonction du masque facial concerne la taille des gouttelettes de liquide expulsées par le nez et la bouche lorsqu'une personne parle, chante, éternue, tousse ou respire. D'après les experts, les gouttelettes plus grosses - avec une taille d'environ 5 à 10 µm (microns) - sont les plus courantes, mais les petites gouttelettes inférieures à 5 µm sont probablement plus dangereuses car elles peuvent rester en suspension dans l'air pendant une longue période.Or, et le verdict est sans appel, parmi les types de masques faciaux disponibles sur le marché, seuls les masques N95 (FFP2 - normes européennes), notamment portés par le personnel soignant en milieu hospitalier, peuvent filtrer à la fois les gouttelettes les plus grosses mais également les projections de la taille d'un aérosol. Pour rappel, ils seraient efficaces à hauteur d'au moins 95% contre les particules de 0,3 µm.Autre constat : les masques faciaux faits de matériaux polymères hybrides pourraient non seulement filtrer les particules, mais également refroidir le visage. Une chose intéressante si l'on considère que plus le masque est confortable, plus les utilisateurs le porteront de façon systématique.Les chercheurs ont également examiné des études épidémiologiques visant à découvrir si les masques faciaux réduisent le taux de reproduction du virus, sachant que si celui-ci tombe en dessous de 1, l'épidémie cesse de se propager. Les résultats suggèrent que l'utilisation systématique de masques chirurgicaux pourrait conduire à l'éradication de la pandémie si au moins 70% de la population les portaient en public, de manière systématique et cohérente, c'est-à-dire sur la bouche et sur le nez. Ces boucliers faciaux ont la capacité de filtrer les gouttelettes les plus grosses qui sont aussi les plus courantes, et leur efficacité est estimée à environ 70%.Les auteurs constatent aussi que, malgré une faible efficacité, estimée à 30%, l'utilisation régulière de masques en tissu pourrait également ralentir la propagation du coronavirus.(référence : Physics of fluid, 24 novembre 2020, doi : 10.1063/5.0029767)