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A l'exemple de la grippe ou d'autres coronaviroses, l'épidémie de Covid-19, survenue dans nos contrées au milieu de l'hiver, va-t-elle s'estomper avec les chaleurs estivales au point d'envisager qu'elle puisse disparaître ? C'est l'une des grandes questions qui agitent les scientifiques dans le monde entier. Lancés pour tenter d'y répondre, plusieurs travaux sont arrivés peu ou prou à la même conclusion : ils montrent que l'élévation de la température et du taux d'hygrométrie affecte la viabilité du Sars-CoV-2 et réduit le nombre d'infections, sans pour autant faire disparaître totalement le virus.Le dernier d'entre eux, réalisé à l'Université de Lanzhou, révèle que le coronavirus est affaibli par la chaleur et l'air sec et qu'il s'épanouit particulièrement entre 5 °C et 15 °C. (1)Une autre étude chinoise portant sur 166 pays et publiée au début du printemps constate que le coronavirus serait suffisamment sensible à l'humidité et à la chaleur pour que sa contagion soit ralentie quand l'été arrivera dans l'hémisphère nord. Les auteurs ont même réussi à quantifier cette corrélation : une augmentation d'un degré de température est associée à une diminution de 3,1% des nouveaux cas et d'1,2% des décès. (2)En France, l'Académie nationale de médecine vient d'apporter une nouvelle pierre à l'édifice, en présentant les résultats d'une enquête en attente de publication. (3) L'objectif est d'étudier l'influence de la température sur les taux d'attaque de la Covid-19 en comparant les données issues des zones intertropicales avec celles des pays européens. Pour cela, elle s'est basée sur un réseau de 19 médecins, pharmaciens et cadres de santé exerçant en zone tempérée, en zone africaine intertropicale et dans les DOM/TOM.A tous ces acteurs, il a été demandé de collecter les statistiques du nombre de cas confirmés de coronavirus, de cas importés et de cas autochtones permettant d'établir l'indice de diffusion, le nombre d'hospitalisations et de décès, ainsi que de relever les températures moyennes hebdomadaires, mais aussi les densités de population, l'arrivée groupée de voyageurs malades, la prise éventuelle de chloroquine et le respect des mesures de confinement.Les résultats attestent que l'indice de diffusion, de 2,67 en Europe pour une moyenne de 11,2°C, s'abaisse à 0,03 en Afrique subsaharienne où la température moyenne s'élève à 34,8°C. Ils confirment les observations selon lesquelles les climats chauds ont un effet réducteur sur la transmission de SARS-CoV-2 et confortent l'hypothèse d'une influence saisonnière du climat sur l'épidémiologie de la Covid-19 dans les pays tempérés. Ils pourraient expliquer en partie pourquoi l'Afrique semble considérablement épargnée par le coronavirus.(références :(1) SSRN, 22 mai 2020, doi : 10.2139/ssrn.3551767,(2) Science of The Total Environment, 28 avril 2020, doi : 10.1016/j.scitotenv.2020.139051,(3) Press release, French National Academy of Medicine, 25 mai 2020)