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Bruit, pollution atmosphérique, conditions météorologiques, pesticides, perturbateurs endocriniens, métaux lourds, etc. L'ensemble de ces éléments auxquels nous sommes exposés chaque jour constitue ce que l'on appelle l'exposome, c'est-à-dire toutes les expositions qui peuvent influencer la santé humaine tout au long de la vie, à l'exception des facteurs génétiques.Par le passé, il a été démontré que plusieurs de ces contaminants environnementaux pouvaient influencer la croissance foetale, généralement à partir d'études sur un seul type d'exposition, qui sont sujettes à des biais de publication et à des facteurs de confusion par co-expositions. D'où l'intérêt de prendre en considération l'exposome comme vient de le faire l'équipe de Rémy Slama, directeur de recherche Inserm.Dans le cadre du projet européen Helix (Human Early-Life Exposome), les chercheurs français ont évalué l'exposition à 131 facteurs environnementaux au cours de la grossesse à l'aide de biomarqueurs et de modèles environnementaux chez 1 287 paires mères-enfants issues de six cohortes européennes. Ils ont étudié les associations de ces facteurs chimiques et externes avec la croissance foetale en utilisant un algorithme de suppression-substitution-addition (DSA) considérant toutes les expositions simultanément, ainsi qu'une étude d'association à l'échelle de l'exposome prenant en compte chaque exposition de manière indépendante. En moyenne, les enfants issus de la cohorte sont nés à 39 semaines de gestation révolues, 90% d'entre eux ayant un poids de naissance compris entre 2 550 g et 4 240 g.Grâce au modèle DSA, les chercheurs ont identifié trois facteurs associés à des poids de naissance s'écartant de la moyenne, parmi lesquels l'exposition au plomb. Ainsi, le poids des enfants à la naissance diminue de 97 grammes à chaque fois que la concentration sanguine de plomb chez la mère est multipliée par deux.L'exposition aux particules fines atmosphériques (PM2,5) au cours du troisième trimestre de grossesse a été associée à un plus petit poids de naissance. A l'inverse, l'exposition des garçons aux éthyl- et propyl-parabènes, des conservateurs utilisés dans les cosmétiques, les médicaments et les aliments pour leurs propriétés antibactériennes et antifongiques, est associée à un poids de naissance plus élevé. Ce dernier point mérite une enquête plus approfondie. Aucune interaction bidirectionnelle entre les variables d'exposition n'a été remarquée.(référence : International Journal of Epidemiology, avril 2020, doi : 10.1093/ije/dyaa017)