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Même après une guérison, la maladie Covid-19 laisse des séquelles que la science commence à peine à explorer. Ainsi, si la fatigue est un symptôme courant chez les personnes présentant une infection symptomatique à la Covid-19, on ignorait jusqu'à présent si le SARS-CoV-2 avait le potentiel de provoquer une fatigue persistante chez les personnes infectées même après qu'elles se soient rétablies. Pour examiner la prévalence de la fatigue chez les individus ayant récupéré de la phase aiguë de la maladie, les chercheurs ont utilisé une échelle appelée Chalder Fatigue Score (CFQ-11). Ils ont également examiné la gravité de l'infection initiale des patients, ainsi que leurs pathologies préexistantes, y compris la dépression. Ils ont en outre vérifié divers marqueurs de l'activation immunitaire périphérique et les cytokines pro-inflammatoires circulantes.Sur les 128 participants (âge moyen : 49,5 ans), 71 ont été hospitalisés et 57 ont eu une forme bénigne de la maladie. Plus de la moitié, soit 52% (67 sur 128), ont fait état d'une fatigue persistante lors d'une évaluation réalisée en moyenne dix semaines après les premiers symptômes de la maladie, quelle qu'ait été la gravité de leur infection initiale (besoin ou pas d'hospitalisation, d'oxygène supplémentaire ou de soins intensifs).Il n'y a pas d'association entre les marqueurs biologiques de routine de l'inflammation et du turn-over cellulaire ou les molécules pro-inflammatoires et la fatigue après la Covid-19. Les femmes, qui constituent un peu plus de la moitié de l'échantillon (54%), représentent en revanche les deux tiers des participants souffrant de fatigue persistante (67%). Enfin, Les personnes ayant des antécédents d'anxiété ou de dépression sont également plus susceptibles de souffrir de fatigue.Pour les auteurs, davantage de recherches sont nécessaires afin d'évaluer l'impact à long terme de la Covid-19 sur les patients. "Nos résultats démontrent un fardeau important de la fatigue post-virale chez les personnes ayant eu une infection au SARS-CoV-2 après la phase aiguë de la maladie." Ils préconisent une "intervention précoce" et l'utilisation de méthodes "non pharmacologiques" pour la gestion de la fatigue adaptées aux besoins individuels des patients.(référence : medRxiv, 30 juillet 2020, doi : 10.1101/2020.07.29.20164293)